3e album de Al en 1978 et on reste bluffé par la maîtrise de ce guitariste de 24 ans à cette époque ! La recette est la même que pour les deux premiers : du jazz world latin boosté au rock. On pense souvent à Santana en particulier quand on écoute «Dark Eye Tango » et je ne suis pas sûr qu’en blind test, je ne me serais pas avoir. Mais il y en a aussi des traces dans le « Casino » qui clôt l’album en presque 10 minutes. Même ambiance rock pour «Chasin The Voodoo ». Pour le reste, Al explore les rythmes arabo-andalous (« Egyptian Danza ») ou plus traditionnellement flamencos avec «Fantasia Suite For Two Guitars ». Al reprend le « Senor Mouse » de Chick Corea et Gary Burton en jouant à la perfection sur l’aspect percussif de sa guitare. L’équipe qui le suit est pratiquement la même que celle des deux premiers avec une rythmique dithyrambique constituée de Steve Gadd derrière la batterie et Anthony Jackson à la basse. Mingo Lewis (percussions) et Barry Miles aux claviers complètent sans surprise la formation. C’est peut-être là le seul point faible de cet album. Après « Elegant Gypsy » qui vous faisait voyager sans bouger, ce 3e album n’est plus réellement surprenant mais attention, la maîtrise de di Meola collerait une gifle à tout guitariste même expérimenté ! La recette est maîtrisée à la perfection et sans aucune faute de goût. Un guitariste qui a réussi à unir différents publics, à commencer par les amateurs et amatrices de jazz mais pas que, en y ajoutant de la pop (mélodies mémorables…), du rock (pour la puissance électrique qui se dégage de certains moments), des musiques latines…Une musique sans frontière et qui laisse pantois aujourd’hui encore.