Cerulean est le deuxième album de ce lumineux et obscur groupe étatsunien qui fait cruellement défaut à notre culture pop indé. Lumineux par sa musique, obscur en termes de notoriété. Car l'Europe continentale n'a que trop peu pu prendre connaissance des albums de The Ocean Blue ; son public a dû se contenter de rares clips (Between Something and Nothing ou Drifting Falling) que l'émergeante chaîne MTV diffusait dans ses programmes au début des années 1990. Aucune tournée n'a marqué les esprits du vieux continent. C'était avant internet, et les canaux tels que Youtube. Un quart de siècle après, en 2015, tout devint relativement accessible. Et Cerulean, comme les deux autres albums issus de leur première signature avec le label Sire Records, peut dorénavant être acquis et écouté jusqu'à satiété. Mais l'usure devancera largement la lassitude tant les 12 chansons de cet album sont de pures merveilles qui échappent aux modes tributaires d'une obsolescence programmée par la logique mercantile d'une consommation poussive et standardisée. On imagine aisément que des titres comme Mercury, Marigold ou Ballerina Out of Control se démarquaient d'emblée nettement du Grunge ambiant mais aussi de la "controffensive" que fournissait le marketing de la Britpop. The Ocean Blue a su garder le cap, imperturbable face aux vents contraires. David Schelzel et sa bande, fidèles à leur style, naviguent en hissant leurs guitares mélodiques et rythmiques voguant sur l'océan bleu d'une pop intacte que les Beach Boys ou les Smiths avaient déjà sublimée.