J'avais envie d'année 80, de chansons françaises, ça laissait peu de choix, du punk, facile et sale ou quelque chose de plus variété. Daniel Darc est mort, et ça m'a amené à Taxi Girl. De le New Wave, mais celles d'une bande de punks romantiques, et j'aime bien, je trouve ça beau, et touchant, pas tout, mais je vous raconte.
Evidemment, il faut apprécier les synthés, parce qu'ici c'est l'ambiance, un guitare, une basse, une batterie, et un clavier évidemment, prédominant. Si ça vous inquiète, rassurez-vous, il n'y a que six chansons, ça a été fait très vite, parce que le Maxi, il était chouette, et en 1980, ça suffisait. Six chansons, pas toutes géniales, on s'en doute, comme la première, désespérément kitsch, mais on leur pardonne, parce que c'est des toxico les gars, une overdose ampute le groupe dès la sortie de l'album, un autre partira en désintox quelques années plus tard, et puis, un autre, c'est Daniel Darc, "une porsche dans l'bras gauche, une Cadillac dans le bras droit" , et ces jeunes c'est le mal être, le bonheur chimique, "l'amour synthétique" comme dit MrShuffle dont j'ai beaucoup aimé la critique, et la mort, évidemment. Et il y a des chansons vraiment bien, comme "SOS Mannekin", vraiment très belle, et qui me vient à la tête, la nuit quand je rentre, et je les vois bien les yeux d'ivoire, quand je rentre seul le soir, et l'instru, je sais pas si c'est le mot, est vraiment chouette, parfaitement dans l'ambiance. Evidemment, il y a le tube : "Chercher le garçon", incontournable, tout ce qui restera de toutes façons de Taxi Girl, très mince contribution à la musique sans majuscule, française, des années 80, son intro de clavier, son ambiance perdue ; drôle de gens vraiment ces punks à l'âme triste qui s'étaient dit qu'ils allaient faire de la new wave.
Pour finir, il y a sur cet album, une septième piste, un remix comme on dirait, disons une version alternative de Chercher le garçon, une version "solitaire", dans la mélodie, il y a quelque chose d'adouci, de lointain, d'étrange, presque rien, et puis cette voix, soudain, celle, reconnaissable, de Daniel Darc, mais plus le jeune homme branché - sur sa seringue ? - de l'époque, l'autre, celui du futur, et aujourd'hui du passé, cette voix à fleur de scarification, cette voix douce, profonde et pourtant pas belle, et cette version me bouleverse totalement, je ne saurais vous dire plus pourquoi, elle est la plus belle chanson de cet album, ma petite découverte qui restera, et je ne sais même pas quoi ajouter, je me sens tout triste, et un peu niais à vous dire ça, comme ça, un peu parce qu'il est mort, un peu parce qu'il était classe quand même. Tiens, je me perds, j'arrête là.