La rencontre du jazz et de la musique classique.

L’histoire de cet album de 1982 débute cinq ans auparavant. Michael Franks enregistre « The Lady wants to know », un de ses plus grands succès et c’est Michael Brecker, alors au sommet avec son frère Randy dans les Brecker Brothers, qui se charge du magnifique solo de saxo sur ce titre. Les arrangements orchestraux sont signés par Claus Ogerman qui venait de faire paraître « Gate of Dreams » chez Warner records et parmi les invités de cet album, un certain Michael Brecker, tiens ! Avant donc de réaliser cet album commun, Brecker et Ogerman se connaissaient déjà bien. C’est le grand producteur Tommy LiPuma qui donne l’idée à Ogerman de composer une sorte de concerto pour saxophone. Pour lui, Brecker qui venait de quitter son groupe, est le soliste idéal comme Miles l’avait été avec Gil Evans dans les années 60 pour « Miles Ahead », « Porgy and Bess » et « Sketches of Spain ».

L’album est enregistré en quatre jours en janvier 1982 et Brecker est entouré d’une soixantaine de musiciens pour le grand orchestre dirigé par Ogerman ainsi que des légendes de studio qui se nomment Marcus Miller à la basse, Steve Gadd à la batterie, Warren Bernhardt aux claviers, John Tropea et Buzz Feiten aux guitares ainsi que Paulinho da Costa aux percussions ! Des noms que l’on croisait dans une bonne partie des albums de jazz fusion et de rock californien de l’époque. Brecker du début à la fin est absolument somptueux, de « Cityscape » aux trois mouvements de «In The Presence And Absence Of Each Other », pierre angulaire de cette oeuvre. Ogerman a dit de lui : « Il est phénoménal en termes de lecture à vue, de commande de son instrument, de capacités d’improvisation et interprétatives ». Rappelons juste que Ogerman a travaillé avec Sinatra, George Benson, Wes Montgomery, Bill Evans ou encore Stéphane Grappelli, pour ne citer que quelques exemples dans sa carrière. Le compliment est donc sacrément révélateur du respect mutuel qu’ils se portaient. L’album est curieusement passé inaperçu à sa sortie malgré une nomination aux Grammy Awards pour «In The Presence And Absence Of Each Other » en 82. Il a été réédité d’abord au Japon où il est devenu culte avant une reparution mondiale en 2000. C’est véritablement là qu’on l’a (re)découvert, une grande rencontre entre un soliste en apesanteur et un compositeur-arrangeur fabuleux.

JOE-ROBERTS
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le 8 août 2025

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