Je ne connaissais pas ce groupe de rock progressif et je me suis laissé tenter en voyant la (superbe) pochette. Après, la surprise peut être bonne ou mauvaise. Là, c'est clairement bon. Dans cet album de 2018, le groupe australien est formé de Brody Green (Batterie), Cam Blokland (Guitares), Danny Lopresto au chant, Jez Martin (Basse) et Sean Timms aux claviers. Bien sûr les influences évidentes des grands aînés de Dream Theater, IQ, Transatlantic se font sentir. Les musiciens connaissent leurs classiques sur le bout des doigts et tout ça s'écoute avec plaisir mais la pièces maîtresse survient avec le 3e morceau, "Croosroads", là, j'ai pris une claque: 30 de pur prog' où se mélangent les influences rock, moyen-orientales ou même espagnoles. Evasion garantie! Le titre se lance sur des percussions africaines aux accents de world music que l’on retrouve à différents moments du morceau. Les différentes sections et ambiances se succèdent à la perfection. On passe ainsi d’un couplet très harmonieux à un refrain plus musclé suivi d’un break quasi-metal, faisant place à son tour à des passages parfois atmosphériques, parfois plus orientaux, tous touchés par la grâce. Malgré sa durée, "Crossroads" évite le piège de s’enliser dans des longueurs excessives (rarissime!) et maintient le niveau d’attention de l’auditeur à son maximum grâce à une écriture impeccable, la virtuosité et la finesse des musiciens ainsi qu'à une variation des ambiances permanente. Le final symphonique sublime clôt le titre de la meilleure manière sur un feu d’artifice musical de voix, de violons et de mélodies divines. Rien que pour ce morceau-là, il faut écouter cet album, c'est en soi un petit chef d'oeuvre. Ca m'a sacrément donné envie d'écouter d'autres albums de Southern Empire.