Un peu en retard par rapport à d'autres, je découvre en ce printemps 2026 l'artiste maudit, l'artiste oublié, Sixto Rodriguez.
Ce Cold Fact avait donc été un flop à sa sortie aux US au tout début des années 70 ; c'est difficile à concevoir aujourd'hui surtout que l'album débute sur les chapeaux de roue.
L'enchaînement "Sugar Man" - "Only good for conversation" - "Crucify your mind" est en effet assez imparable.
Sur ces trois titres, j'ai surtout retenu une "Crucify your mind" qui m'a totalement hypnotisé ; à mon sens la perle de ce premier essai.
Mais "Only good for conversation" est également très intéressante ; on est en 1970 et on entend déjà des sonorités, des riffs qui seront ensuite repris/adaptés différemment notamment par Deep Purple. A ce propos, j'assume d'écrire qu'une "Only good for conversation" peut être considérée comme un brouillon pour "Smoke on the Water" (1972).
La suite de l'album est plus convenue, prévisible ; on peut dire que le milieu de l'album est assez dispensable. Fort heureusement, Sixto Rodriguez trouve le moyen de finir en beauté avec des derniers titres qui relèvent le niveau en particulier le tout dernier morceau : "Jane S. Piddy" sur lequel on retrouve la magie des premiers accords qui ouvraient le vinyle.
En synthèse : dans les années 70, il y avait tellement de bons groupes, d'artistes talentueux, qu'on pouvait snober un artiste du calibre de Sixto Rodriguez. Un luxe qui s'est perdu...