Album de 1969 avec « The thrill is gone », superbe.

En 1969, BB avait déjà une longue carrière derrière lui. À 44 ans, ça n’était plus un jeunot, ses premiers enregistrements remontaient vingt ans en arrière et son jeu est alors fabuleux. Même si ça fait cliché, il atteint là une sorte de maturité, une maîtrise asse incroyable, un son unique même si, par modestie, il a toujours minoré son importance. Sa reconnaissance devient pourtant vraiment internationale grâce au British Blues Boom : des artistes comme Clapton lui rendent largement hommage et en 69, B.B. assure même la 1ère partie des Rolling Stones, tout un symbole ! Côté américain, on peut penser à Michael Bloomfield, injustement oublié aujourd’hui parmi les grands guitaristes qui lui doivent forcément quelque chose. Cet album va cartonner grâce à un tube inoxydable, une merveille nommée « The Thrill is Gone » qui conclut l’album. Ce morceau est une reprise d'une chanson initialement sortie par Roy Hawkins au début des années 1950 et des cordes ont été ajoutées sur la suggestion du producteur Bill Szymczyk. C’est bien cette version-là de B.B. qui est entrée au panthéon du rock et non celle de Hawkins. Elle a valu à B.B. un Grammy Award de la meilleure performance vocale R&B masculine en 1970 et une intronisation au Grammy Hall of Fame en 1998. Jusqu’à la fin de sa carrière, le grand bluesman l’a interprétée sur scène.

Il alterne ici morceaux punchy et plus lents (« Confessin’ the blues »…). Sur « You’re mean » le morceau s’étale sur presque 10 mn, sorte de jam session endiablée comme les rockeurs les aimaient à l’époque. B.B. est entouré d’une équipe de fines gâchettes : Hugh McCracken à la guitare rythmique, Paul Harris aux claviers, Jerry Jemmott à la basse (un son bien groovy) et Herbie Lovelle (Dylan…) à la batterie. Un excellent album qui dépote et qui montre la capacité de B.B. à s’adapter à son époque tout en gardant ses racines du Sud des Etats-Unis. B.B. glisse du rock pêchu dans son blues, on est loin du blues du Mississippi mais c’est ce qui va le faire adorer par toute une jeunesse qui le découvrait alors, aux États-Unis, en Europe et au Japon (il y était adulé !). Cet album a clairement marqué un tournant dans sa carrière.

JOE-ROBERTS
9
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le 28 mars 2026

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