Sebastien Tellier est bien connu pour son art de diviser sa carrière en deux principaux axes musicaux : la french-touch groovy, et les ballades mélancoliques. Après la bombe médiatique que fut "My God Is Blue", son album sorti en 2012, très funky qui mélange le disco 70s aux sonorités electro modernes, le mélomane français renoue avec ses vieux démons pour cet album intitulé "Confection", un petit voyage tristounet et introspectif.
Dans cet album, c'est comme si l'artiste avait repris son fameux titre "La Ritournelle", et en avait fait tout un album. Les sonorités sont très posées, une sorte de bossa-nova triste où Tellier laisse tomber les synthés et les logiciels pour reprendre en main son piano, sa guitare, sa basse et sa batterie, entre autres, car l'album est riche en sonorités instrumentales aussi diverses que variées. D'ailleurs, il n'y a qu'une chanson sur laquelle il chante, toutes les autres sont essentiellement instrumentales.
L'album se compose en trois mouvements principaux, déclinés en plusieurs parties, avec des thèmes musicaux récurrents, comme si c'était la bande-originale d'un film. Et le résultat est plus que satisfaisant, un album d'ambiance très agréable avec pour thématique principale : l'amour. Après des albums provocateurs centrés sur la satirique politique et tournant autour de la sexualité, il est donc logique qu'un artiste d'une telle sensibilité s'attarde enfin sur la douceur d'un amour naissant.
"Confection", c'est comme marcher sur la plage un matin d'hiver quand le ciel est gris, en replongeant dans les souvenirs de nos premiers émois amoureux. Un parfait compagnon de voyage contemplatif.