« Merci d’être venus. Parfois, j’aime simplement me cacher dans l’ombre. Me créer un nouveau personnage. Une autre identité. Je peux être qui je veux. Me créer un nouveau personnage. Honnêtement, j’aimerais pouvoir être comme les autres. Ne me soucier de rien. Mais ici… sur le dancefloor, je me sens tellement libre. ».
Tout est dit, dans cet intro de I feel so free, qui amorce cet album prometteur de Madonna. La Madonna.
21 ans après Confessions On A Dancefloor, Madonna revient en grandes pompes nous offrir sa partie 2 qui sonne comme un véritable manifeste, un nouvel héritage de la Madone, qui en signant son retour, rappelle qui elle est.
D'abord annoncé par une campagne marketing remarquée (apparition à Coachella, Concert à Times Square, présence fascinante au met gala), la reine de la pop nous offre un disque mêlant groove, disco, électro, qui révèle une vraie idée : l'émancipation. Une émancipation en tant qu'artiste, certes, mais aussi et surtout en tant que femme de 67 ans. Double peine donc, dans un milieu aussi sélectif, que d'être une femme, et que d'être vieille. Mais Madonna, comme elle seule sait le faire, dit, chante, et fait ce qu'elle veut.
D'accord, je reconnais quelques paroles parfois un peu niaises, et des productions qui tendent à manquer d’innovations. Néanmoins, cet album est diablement (ou divinement, à chacun sa vision) efficace, porté par des titres dance absolument géniaux (Danceteria, I feel so free, Bring your love). Toujours, Madonna se réinvente tout en montrant ce qu'elle sait faire de mieux ; intriguer. Par une voix suave, elle renoue avec ce personnage sensuel, érotique, qui laisse dans certains sons entrevoir les échos d'orgasmes. Parce qu'à son âge, on mérite aussi d'avoir une vie sexuelle épanouie. T'as raison Madonna eheh.
Cet album porte en lui quelques featurings intéressants, dont Sabrina Carpenter, mais aussi Stromae, sur My syns are my savior, où la chanteuse nous fait d'ailleurs le petit plaisir de l'entendre en français ! Ce projet musical est tout à la fait à la hauteur, et se montre aussi comme un hommage aux boîtes gays et aux grands clubs de Londres ou d'Ibiza.
En plus de nous faire danser, elle conclut son album par un titre particulièrement percutant. L.E.S Girl. Et ces derniers mots « everything fades aways » (tout s'efface), emprunt de mélancolie, illustrent une forme de fragilité évidente de la Reine de la pop, parce que le temps, les modes, refaçonnent les choses. Tout s'efface, dit-elle, mais elle, ce qu'elle a fait et ce qu'elle continue de faire, ne s'effaceront jamais. Soyons reconnaissant ; nous avons vécus sur la même planète que Madonna.
Ce n'est donc pas seulement un album electro efficace, c'est encore une fois l'éternel rappel que Madonna était, est, et sera, Madonna. Pour la musique, pour la liberté, des femmes, des vieilles, et de tout le monde, Merci.
Comme elle le disait si bien ;
On dit que je suis très controversé. Mais je pense que la chose la plus controversée que j'aie jamais faite, c'est d'être resté.