CONFESSIONS II
6.7
CONFESSIONS II

Album de Madonna (2026)

"Come on, meet me on the dancefloor" : Confessions II selon B.A.M.

Les espoirs étaient grands, ils sont aujourd’hui récompensés – globalement. Dernier album studio de Madonna, Confessions II ressemble moins à une jungle luxuriante qu’à une belle oasis après une plongée dans un désert : l'opus ne fera sans doute pas partie des chefs-d’œuvre de la Madone mais il a de quoi réjouir après 15 ans de projets musicaux plus mitigés/déroutants les uns que les autres. Pour redresser la barre, l’artiste est revenue à l’essence de son dernier vrai grand succès critique et commercial, à savoir les sonorités dansantes de Confessions on a dancefloor paru au milieu de la décennie 2000. Une filiation revendiquée dès le nom de l’album qui sous-entend que l’on aura droit à une sorte de continuité avec le brillant album de 2005.

Titre de l’album : OK. Producteur : Stuart Price, faiseur de tubes déjà aux manettes de COAD. Pochette : esthétique aux teintes de rose/lilas/mauve comme en 2005-2006. Ambiance musicale : réveiller les danseurs ensommeillés. La promotion est bien rodée pour assurer au projet une visibilité à la hauteur de la chanteuse, notamment à travers un teasing alléchant sur les sites et réseaux, des partenariats (dont l’application gay Grindr), et des performances comme son mini-concert à Times Square début juin ou son live à Coachella 2026. Une attente prenant fin avec la sortie de Confessions II ce 3 juillet, un album assez long (16 pistes soit une durée d’une heure environ) qui a de quoi rythmer la saison estivale.


L'œuvre est introduite par « I feel so free » qui présente l’ambiance dans laquelle l’auditeur est plongé, c’est pourquoi les paroles sont en partie parlées et pas seulement chantées. Il s'agit d'une chanson très électronique où la voix retouchée se conjugue avec un fond sonore house pour ouvrir cette era sur une ambiance club. La piste de danse est un espace de liberté, de lâcher-prise, de bien-être, comme l’expriment également d’autres pistes de l’album à commencer par « Good for the soul » et « One step away » : "The dancefloor [is] a space where movement replaces language".

Bien que « I feel so free » soit le premier extrait dévoilé, le vrai lead-single choisi fut « Bring your love » en duo avec la récente popstar Sabrina Carpenter. Une jolie collaboration qui transmet de la positivité, avec un message "faites l’amour pas la haine", comme elles ont pu le revendiquer sur la scène de Coachella. Mais le meilleur est à venir avec « Danceteria », probablement la chanson la plus marquante et dansante de la tracklist, avec un refrain festif. "Everybody get up and dance", tout est dit. Je n’avais pas été autant emballé par une chanson de Madonna depuis « Give it 2 me » qui remonte à 2008 ! La chanteuse rend ici hommage à la célèbre discothèque New-yorkaise où elle s’est produite à ses débuts dans les 80’s.

Le second duo vocal de l’album est celui de « Read my lips » avec le chanteur colombien Feid qui apporte une touche latine avec la superposition de sons de cuivres, de guitare et de rythmique plus reggaeton. Une chanson mise en valeur par l’évènement sportif de 2026 à savoir la Coupe du monde de football et l’on comprend pourquoi. Mais la house froide reprend le dessus sur « Everything », pas seulement une piste club. Ressemblant un peu trop à « Bring your love », « Love sensation » est sympathique mais pas forcément un bon choix de single selon moi. Elle me fait aussi penser à « Get together » de 2005. Et l’on reste dans le thème de l’amour avec « Love without words » qui m’enchante davantage grâce à cette voix qui décolle des graves et ce fond sonore plus marqué qui rappelle un peu Music de l’an 2000.

Mais l’amour peut être difficile à cerner, ce qui nous amène à « Bizarre ». Les paroles traitent d’une ancienne relation avec une star de cinéma aux yeux bleus qui ne voulait pas partager le tapis rouge, son ex-mari Sean Penn a de quoi se sentir visé… L’électro efficace du DJ Martin Garrix cède la place à celui de « School » qui mériterait aussi de s’intituler "bizarre", mais une bonne surprise pour ma part. « Fragile » propose ensuite un moment plus aérien et sensible, où Madonna évoque le deuil de son petit frère Christopher disparu en 2024. « Fragile » marque d’ailleurs une transition entre l’ambiance club et les pistes plus intimes qui clôturent l’album, et ne sont pas comprises dans la version 12 titres.

Cela commence avec la vaporeuse « My sins are my savior » en duo avec un chanteur belge bien connu : Stromae, qui en réalité s’exerce plutôt au slam ici. Une chanson planante qui n’est pas sans rappeler « Justify my love » en moins érotique. On part ensuite sur du trip-hop jazzy froid avec « Betrayal » où Madonna règle ses comptes avec sa belle-mère Joan décédée en 2024. Et l’on reste dans la cercle familial, de manière plus lumineuse, sur « The test » puisqu’il s’agit d’un duo mère-fille réuni sur un album pour la première fois – Lola Leon étant le pseudonyme de Lourdes. Le résultat est malheureusement sans grand intérêt musical, et l’on peut en dire de même pour « L.E.S. girl » assez fade même si la Madone se remémore ici son adolescence. Enfin, le fond sonore présent durant tout ce temps s’arrête, sur un dernier "Everything fades away", le voyage prend fin.


Le come-back est accompli pour Madonna, artiste aux plus de 40 ans de carrière tout de même. La tâche était lourde pour Confessions II avec un double objectif : réconcilier la critique et le public avec la musique de la Madone, et prétendre embrasser l’héritage de Confessions on a dancefloor. Le premier objectif est atteint, cet album étant probablement son meilleur depuis 20 ans. Le second objectif est moins évident, sachant que COAD jouait davantage sur des mélodies plus efficaces et plus variées et que les capacités vocales de l’artiste sont moins valorisées ici. Confessions II mise également plus sur la house que sur la dance-Pop ce qui lui donne un aspect (réussi) de setlist pour DJ. L’ambiance club est bien présente mais les confidences plus intimes aussi dans les dernières pistes qui évoquent notamment la sphère familiale. "They tried to take my crown" déclare Madonna dans « My sins are my savior », la Queen of Pop est bien dans la place !

Créée

le 3 juil. 2026

Modifiée

le 10 juil. 2026

Critique lue 79 fois

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2

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