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(Trop) Classique
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le 24 janv. 2016
Suivant ses sombres et déroutantes aventures au pays des merveilles dont il ne se souvient pratiquement rien (la trilogie des blackout albums), Alice choisit la vie (et le golf) plutôt que l’autodestruction puis devient finalement sobre. Or, cette nouvelle vie trop pépère ne fait que lui donner la bougeotte. Il manigance donc son retour avec l’album qui s’avérera le plus important de sa carrière. Le plus important (et non le meilleur, ne me faites pas dire ce que je n’ai pas écrit là) car les temps ont changé et Alice doit absolument s’adapter ou il périra. Nous sommes maintenant en plein cœur des 80’s, la décennie du over-the-top. La décade des glorieuses années des tignasses crêpées, des couleurs éclatantes, des vidéo-clips, du glam métal, de la coke et des films d’horreur. Alors voilà, il semblerait que pour cet antagoniste parental qu’est Alice, tous les éléments soient réunis pour faire un comeback plus que réussi, s’il fait juste quelques petits ajustements à son personnage.
Premièrement, l’alter ego de Vincent Damon Furnier devra modifier son attitude en passant du détraqué légèrement cabochon du village au maniaque méprisant et morbidement sadique à la cravache salace. Secondement, une bonne dose de testostérone devra être shootée à sa musique en se (re)convertissant au hard rock mais tout en gardant (et amplifiant) l’aspect shock rock et, du coup, ajouter du pwèles et du muscles en engageant des musiciens comme Kip Winger à la basse et Kane “Rambo” Roberts à la six-cordes. Troisièmement, en prenant tout ce qui passe comme en participant à la trame sonore de Friday the 13th part VI: Jason Lives (le meilleur !). En acceptant l’invitation de la Soeur Tordue pour prendre part à Be Chrool to Your Scuel, ou encore, en faisant une apparition lors du match de Jake “The Snake” Roberts a Wrestlemania III quelques mois après la sortie de ce mordant Constrictor.
Mais justement, qu’en est-il de cette parution soi-disant si importante ? Eh bien, on n’obtient ni le meilleur album du Coop, ni le pire. On découvre un bon disque, sans plus, à la production radio-friendly qui laissera sa marque surtout grâce au style glam-métal-party-shock-rock de l’ère musicale du moment. L’album dégage une énergie que l'on n’avait pas entendue chez le maniaque depuis des lunes, entre autres, dans des compos comme Teenage Frankenstein, Give It Up, Thrill My Gorilla, The Great American Success Story et notamment The World Needs Guts ; la plus rock. Par contre, deux ou trois bouche-trous se cachent parmi ces compos efficacement opportunistes (Simple Desobedience et Crawlin’). Puis on clôt le méfait avec une des tounes les plus kitsch que vous aurez entendue dans votre existence : He’s Back (The Man Behind the Mask). Une mixture teintée de synthés cheap qui ferait regretter à Jason sa résurrection. Une version plus hard rock et en phase avec le reste de l’album aurait été enregistrée mais l’équipe de réalisation du film l’aurait jugée trop heavy pour ce long-métrage… what the fuck ? Donc, trois pièces de l’album se retrouveront dans ce Friday. Enfin deux, car Hard Rock Summer n’aura jamais trouvé sa place sur la galette… we don’t really know why.
Alors pourquoi ce Constrictor, symbole de sa résurrection, serait-il le projet le plus important du Coop ? Parce que si ce disque avait été raté, le retour d’Alice l’aurait été aussi et c'est la chaise berçante (et la rechute ?) qui attendaient le bonhomme. Les Trash, Hey Stoopid, Brutal Planet, Dragontown n’auraient donc jamais vu le jour, sans parler de tous les shows théâtraux qui ont suivi… jusqu’à l’ère Nita Strauss. Ainsi, face à ses élèves turbulents qui s'impatientaient ; les Mötley Crüe, W.A.S.P. et Twisted Sister, le maître ne pouvait guère se permettre de foirer son retour en laissant passer l’occasion de leur montrer qu’ils ne l’avaient pas encore surpassé.
Et de plus, il leur aura tous survécu…
Créée
le 19 juin 2026
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