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Ce qui est intéressant avec ce géant du Jazz qu'est John Coltrane, c'est que j'en considère trois. celui qui m'inspirent le rejet, celui que j'admire en terme de musicalité et de puissance, et celui qui me touche.
A Love Supreme,sorti un an après Crescent est, il faut l'avouer, un des plus grands albums des années 1960, du jazz et probablement de la musique enregistrée du XXe Siècle. Il y a une grande puissance que j'admire dans les quatre titres de l'album, vraiment. Pourtant, comme pour Giant Steps,que je trouve un peu trop acrobatique à mon goût, c'est un album qui, pour moi, ne touche pas la corde la plus importante : celle du coeur. Au contraire, je trouvais et trouve encore un plaisir intérieur immense à écouter My Favorite Things et Crescent. Le premier parce que le titre éponyme, avec les solos de Tyner et de Coltrane en majeur, est magnifique. L'autre parce que, après Africa/Brass et Olé, Coltrane semble, après une période faste, proposer un disque à ce point intimiste qu'on a l'impression de voir le saxophoniste mis à nu, dans le plus simple appareil du blues et du sentiment. A ce titre, si on occulte le joyeux Bessie's Blues, les titres de cet album ont quelque chose de larmoyant, et pourtant pas sentimentalistes. Wise One le représente bien, ce cadre intimiste et sobre, où la mélodie redevient clé, loin des acrobaties free-jazz de A Love Supreme. Si Coltrane parvient, encore une fois (mais est-ce réellement étonnant) à nous émerveiller, la place de tous les autres membres du groupe, McCoy Tyner,Elvin Jones,Jimmy Garrisson, n'est pas à éluder. Notamment Tyner : son "solo" dans la seconde partie de Wise One, simple et sobre, n'en reste pas moins puissant et constitue, parallèlement, une mise en entrée pour le saxophone de Coltrane de pouvoir s'avancer. Mention aussi à Elvin Jones dans The Drum Thing : un excellent solo, bien qu'on devine, par le titre tant par la relative absence de Coltrane, que le titre était là pour compenser les excursions moins fréquentes du batteur dans la mine d'or des solos de Jazz.
Certains (Christian Vander de Magma notamment, il me semble), considéraient que Crescent leur avait fait peur : on avait l'impression qu'après les expérimentations précédentes, Coltrane se mettait à s'emmerder et à revenir à un jazz plus simple, vendeur et consensuel (et Dieu sait que ce dernier terme sonne presque comme une injure dans le monde du jazz). Je ne le trouve pas. Aussi brillant qu'allait être A Love Supreme, Coltrane, je pense, n'allait pas se détacher aussi facilement de certaines de ses inspirations modales. Je pense au contraire, c'est ma profonde conviction, que la souffrance, qu'on peut ressentir dans Crescent, a quelque chose de plus puissant, de plus universel que ce que l'on peut entendre dans son illustre successeur : là où A Love Supreme porte un message religieux fait de prosélytisme musical, Crescent porte un message spirituel où le pouvoir de la souffrance dans la musique est celui de l'empathie et de l'universalité. Ne serait-ce pas, au final, ce qui fait les plus importantes racines du blues ?

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