Deadbeat
Après The Slow Rush, j'étais assez curieux de découvrir ce nouveau projet de Tame Impala. Même si aujourd'hui, il faut reconnaître que le groupe est avant tout le projet d'un seul homme : Kevin Parker. Un artiste extrêmement talentueux, capable de créer des morceaux aussi planants qu'efficaces, mais qui m'a ici complètement perdu.
Dès les premières chansons, j'ai eu du mal à entrer dans l'univers du projet. L'électro psychédélique proposée possède bien cette ambiance étrange et flottante propre à Tame Impala, mais elle m'a surtout paru très brouillonne. Là où certains anciens morceaux arrivaient à transformer des sonorités répétitives en véritable voyage auditif, ici beaucoup de titres donnent simplement l'impression de tourner en rond sans réelle direction.
À part "Dracula" et "Loser", je n'ai pas trouvé grand-chose qui m'ait réellement marqué. Ce sont les seuls morceaux où j'ai retrouvé un minimum de mélodie accrocheuse ou une construction un peu plus maîtrisée. Pour le reste, l'aspect expérimental prend énormément de place, parfois au détriment des chansons elles-mêmes. On sent des idées, des textures sonores intéressantes, des envies d'expérimentation, mais très peu de morceaux semblent réellement aboutis.
J'ai aussi eu cette sensation assez frustrante d'écouter un projet qui manque de finition. Certaines productions paraissent volontairement chaotiques, avec des transitions maladroites et des arrangements qui donnent plus une impression de démo que d'album réellement travaillé en profondeur. Même les paroles m'ont semblé plus faibles que d'habitude, beaucoup moins marquantes émotionnellement.
Et c'est probablement ce qui rend la déception encore plus grande : on sait de quoi Kevin Parker est capable. Quand on repense à des albums comme Currents, capables de mélanger expérimentation, émotion et sens de la mélodie avec autant de fluidité, difficile de ne pas ressortir frustré face à un projet aussi désordonné.
Au final, cette écoute m'a surtout laissé un sentiment de vide. Une expérimentation trop présente, trop brouillonne, qui oublie parfois de proposer de véritables chansons derrière ses idées sonores.