J'ai quelques habitudes sur ce site et des rendez-vous que je ne manque jamais. Miley Cyrus, Lady Gaga, Bon Jovi... Et The Pretty Reckless évidemment.
J'avais précisé ici même d'ailleurs, il y a une décennie maintenant, combien j'avais trouvé Who You Selling For relativement courageux et se permettant d'emmener le son du groupe vers des contrées plus aventureuses. Et combien malgré des fulgurances bien réelles, Death By Rock N' Roll m'avait déçu car j'y avais vu une régression. Un objet hybride qui hésitait constamment entre "aller de l'avant" sans l'assumer frontalement, et "revenir en arrière" sans jamais atteindre la maîtrise de leur son passé.
Et bien, Dear God est la suite respectable que j'attendais après Who You Selling For. Qui a défaut de chercher l'innovation retrouve une vigueur moins maladroite et une ligne directrice claire, soit introspective. C'est groovy oui, robuste et parfois énervé, mais pas trop ! Ça va à l'essentiel, comme à leurs début, l'expérience et une certaine maturité par-dessus. Il ont apporté avec eux un bagage nostalgique qu'ils ont décidé de faire voyager vers aujourd'hui.
Ça n'essaie donc pas grand chose de neuf (Dragonfire, Spell On You) mais ça repose sur des acquis solides même si ça manque de fureur. C'est rarement aussi frontalement agressif qu'à été capable de l'être Pretty Reckless ! Et sans doute était-ce la direction désirée car il y a volonté à explorer plus de douceur, des tempos plus lents ! Une idée pas si déconnante. Raccord avec ce que ça raconte...
Le morceau-titre aura été le plus enthousiasmant à mes oreilles, Michelle's Song est vraiment très jolie, et certains autres travaillent un peu plus leurs structures pour paraître moins linéaires. Autrement l'album reste sur des rails sans se départir de son lot d'excellents riffs. Il alterne savamment les ambiances (Rollercoaster est plutôt cool et About You très popisante), apporte un joli travail sur les nuances, ses compositions sont étudiées et son rythme faiblit rarement si l'on part de son postulat plus intimiste. Mais pour cette même raison, peut-être est-il un poil trop long pour son propre bien.
Cependant, le chant de Momseen lui est bien plus versatile que sur Death et ça c'est franchement très plaisant. C'est habité, convaincu et ça retrouve une hargne qu'elle avait un peu égaré depuis Going To Hell.
Les textes par ailleurs ont progressé... Autant je les trouvais un peu trop caricaturaux depuis un moment, autant la demoiselle semble avoir trouvé une formule plus terre-à-terre et s'exprime avec une sobriété qui sied parfaitement à ce que propose le disque musicalement.