Deep Purple
7.1
Deep Purple

Album de Deep Purple (1969)

Le dernier album du Mark I, pas à négliger.

Les trois premiers de la 1ère incarnation de Deep Purple sont encore très décriés. Le groupe comprenait alors Rod Evans au chant et Nick Simper à la basse. Si ces critiques sont parfaitement logiques pour les deux premiers, trop dispersés, manquant de puissance, encore trop « pop rock psyché », celui-ci, sorti en 1969, les voit passer un cap évident. On est loin de la puissance dévastatrice d’un Led Zep, mais on peut hisser cet album éponyme bien au-dessus leurs 1ers efforts. Le rock psyché inspiré par Vanilla Fudge s’estompe. Ce même combo originaire de New York a revu sa copie en publiant « Rock’n Roll » la même année dans un registre plus dur. Pour Deep Purple le succès de « Hush » s’éloigne. Depuis, le hard rock a été mis au point par Cream, le Jimi Hendrix Experience et les fameux Led Zep, des musiciens qui ont tout emporté sur leur passage. Le rock de la fin des sixties ne pouvait plus être le même. Si la présence des claviers de Jon Lord reste la marque de fabrique de Deep Purple, deux éléments sautent aux oreilles.

D’abord un Ritchie Blackmore qui a maintenant bien pris ses marques et s’affirme comme un des meilleurs guitaristes de sa génération et ensuite, un Rod Evans, oublié aujourd’hui, mais qui est nettement plus convaincant au niveau vocal sur cet album que sur les précédents. Blackmore balance des riffs d’une efficacité presque déconcertante ("Chasing Shadows", "Bird Has Flown"), se balade en délivrant des soli rayonnants, des plus psychédéliques aux plus bluesy ("Chasing Shadows", "Blind", "Fault Line" et "Was Didn’t Rosemary?"). Le groupe ose s’aventurer sur tous les terrains ou presque, même la musique expérimentale sur « Fault Line » où des bandes sont utilisées à l’envers et ça donne un album très riche, bien plus intéressant que les premiers. Ils plongent même dans le prog avec le titre final « April » qui est l’affaire de l’organiste Jon Lord. Pièce de douze minutes, bien conçue en trois temps, ce titre méconnu vaut vraiment d’être (re)découvert. Ça débute dans une ambiance western spaghetti à la manière d’Ennio Morricone. Puis arrive un orchestre de cuivre et de cordes. Pour conclure du bon rock qui s’achève par un solo heavy de Blackmore. Un chant du cygne du Mark I mais à ne pas négliger, bien qu'il ait été un échec commercial. Malgré ses progrès vocaux, Evans a montré ses limites. Le nom d’un certain Ian Gillan, chanteur d’Episode Six, arrive aux oreilles de Blackmore. Sauf que Gillan n’accepte de rejoindre Deep Purple qu’à la condition que son bassiste le suive, Roger Glover. Et voilà Nick Simper poussé gentiment mais fermement vers la porte de sortie. Le Mark I n’était plus, vive le Mark II et c’est cette configuration-là qui allait marquer le rock et le hard rock d’une empreinte indélébile avec un « In Rock » légendaire.

JOE-ROBERTS
7
Écrit par

Créée

le 26 sept. 2025

Critique lue 23 fois

JOE-ROBERTS

Écrit par

Critique lue 23 fois

D'autres avis sur Deep Purple

Deep Purple

Deep Purple

6

MathieuCan

956 critiques

mi-bon

3e album du groupe pour moitié plus blues et basique que ses prédécesseur et donc, pour ma part, moins intéressante. Outre la reprise plutôt réussie de Donovan "Lalena", j'ai trouvé les 5 premières...

le 16 juil. 2014

Deep Purple

Deep Purple

7

JOE-ROBERTS

2555 critiques

Le dernier album du Mark I, pas à négliger.

Les trois premiers de la 1ère incarnation de Deep Purple sont encore très décriés. Le groupe comprenait alors Rod Evans au chant et Nick Simper à la basse. Si ces critiques sont parfaitement logiques...

le 26 sept. 2025

Deep Purple

Deep Purple

7

Educateur

51 critiques

progressif

Un album évolutif juste dans son contenu, "lalena" magnifique selon moi, "wring that neck idem" du trés bon mark 1

le 15 avr. 2025

Du même critique

David Gilmour: Live at the Circus Maximus, Rome

David Gilmour: Live at the Circus Maximus, Rome

9

JOE-ROBERTS

2555 critiques

Superbe prestation romaine.

Gilmour n’a fait que quelques dates pour sa tournée 2024 et aucune en France. En Europe, il fallait se contenter de Londres ou Rome, dans le site antique prestigieux du Circus Maximus (Genesis et...

le 19 sept. 2025

Vol.II

Vol.II

6

JOE-ROBERTS

2555 critiques

Plutôt intéressant mais en aucun cas renversant.

J’ai été intrigué par ce duo québécois qui débarque chez nous (tournée française de plusieurs dates) avec ce Vol. 2. On devine le plan savamment orchestré à grands coups d’apparitions médiatiques à...

le 16 avr. 2026

Rainy Sunday Afternoon

Rainy Sunday Afternoon

7

JOE-ROBERTS

2555 critiques

Un dimanche après-midi pluvieux avec Neil Hannon ? Et pourquoi pas ?

Revoilà l’Irlandais Neil Hannon et son faux groupe de The Divine Comedy. Ses albums de ces dernières années ne m’ont pas entièrement convaincu mais cette cuvée 2025 est plutôt bonne. Forcément, les...

le 23 sept. 2025