C'est marrant comme une pochette peut être à 1000 lieues de l'esprit d'un disque: cette image de poitrine nue sur slip blanc a l'air d’annoncer du trash, de l'audacieux ! Certes, c'est audacieux, mais pas dans le sens où l'on entend. Murat est un vrai musicien pointilleux, cela s'avère prouvé. Il développe une musique douce, où les guitares deviennent sensuelles, les percussions solennels, et surtout la voix pénétrante, encore plus que Biolay, je pensais pas ça possible... L'ambiance est en place, romantique, mélange de quelques genres. Quand aux textes, on est dans l' Amour. La rupture comme la rencontre. L' hymne au féminin comme aux sentiments. Évidemment, ça reste du Murat hein: les textes vraiment compréhensibles sont rares. Mais ils sont toujours beaux. Je pense notamment aux paroles de "Fort Alamo" ou "le môme éternel", qui valent vraiment le coup d'être lus. Jusque là, tout est cool. Le problème, c'est lorsque Murat décide d'en faire le concept de l'album entier ! Et là, pour moi, ça coince. Aucun sursaut musical, c'est très redondant, et inutile de dire que cela ne se renouvelle pas beaucoup. "Irréversibilité", magnifique poème de maître Baudelaire, subit une adaptation plutôt bof. Après, je pense que c'est le genre d'album qui se fouille. Il est d'apparence juste agréable, et puis en cherchant à connaître ses profondeurs, on voit les beautés à côté desquels on est passés. Et puis, il y a à peine une touche rurale sur ce disque, cela affirme son identité après tout !
Un très bon disque donc, bien qu'un peu décevant.