Miles est décédé le 28 septembre 1991 alors qu’il était en train d’enregistrer un nouvel album avec le producteur de hip hop Easy Mo Bee. Avec Miles, il n’était jamais question de faire du sur-place et il était à l’écoute des nouvelles musiques, que ce soit la pop ou le rap. Car il va tenter ici une fusion entre le jazz et le hip hop. On ne peut pas lui reprocher d'avoir gardé ses yeux dans le rétroviseur, qu'on aime ou pas, sa musique était en évolution constante. Mais à sa mort, seuls six des morceaux sont terminés. Warner Records demande alors à Mo Bee de terminer l’album grâce à des enregistrements inédits de la trompette, avec comme vague consigne que ce soit des morceaux que Miles aurait adorés…Il en ressort un album paru en 1992 et qui ne m’a pas convaincu, comme souvent avec les albums posthumes (comment savoir si l’artiste aurait aimé ce qui sort sous son nom alors qu’il n’est plus là pour apporter la moindre remarque ou critique ???). On est loin des chefs d’œuvre de différentes époques que sont, « Kind of Blue », « Bitches Brew » ou « Tutu ». J’ai eu souvent l’impression (désagréable) que la trompette de Miles, superbe pas de doute là-dessus, n’était là que pour accompagner des boîtes à rythmes envahissantes (« boom-boom-tchac » sur tout un album, ça me gonfle souverainement…). Ça s’écoute mais j’ai pensé que j’écoutais bien plus un album de hip-hop de Mo Bee auquel Miles aurait été invité que l’inverse…