Ça n’est pas une surprise du tout, on le sait depuis longtemps : Pink Floyd a influencé énormément d’artistes et de groupes dans tous les styles, que ce soit dans la pop, le rock progressif ou même le metal. Et dans leur discographie, « The Dark side of the Moon » reste une pièce maîtresse, une sorte de Graal indépassable. S’y attaquer en le reprenant intégralement est donc au mieux un défi supposant un vrai risque de se ramasser la tête la première. Eh oui, on ne s’attaque pas impunément à un monument pareil ! Je le considère d’ailleurs comme un des rares albums parfaits dans l’histoire du rock, là où il n’y a rien à changer sous peine de défigurer l’œuvre. En y réfléchissant, ils ne sont pas si nombreux que ça. En 2023, pour les 50 ans de l’album, c’est Kyle Shutt qui a eu l’idée de produire une nouvelle version intégrale de « Dark Side of the Moon ». C’est le guitariste de The Sword, un groupe texan de heavy metal sudiste, formé en 2003, séparé en 2022 et reformé en 2024. Il s’est entouré de ses collègues de The Sword, le bassiste Bryan Richie et le batteur Santiago Vela III mais aussi au chanteur Alex Marrero (Brownout / Brown Sabbath), au saxophoniste Jason Frey (Black Joe Lewis / Hard Proof), et au clavier Joe Cornetti (Croy & The Boys).
L’affiche était alléchante et étant amateur de doom metal, on pouvait s’attendre à quelque chose d’intéressant. Sauf que là, la déception est bien présente dès les 1ères notes et l’album m’a peu convaincu, pourtant j’espérais l’être. On pousse le volume à fond, à grands coups de larsen et distorsion et…pas grand-chose d’autre. On enlève par contre la profonde originalité, troublante, voire la folie de l’album original. Oui la version jouée vite et fort de « Money » est intéressante mais globalement on reste bien trop proche de l’œuvre originale pour que ça soit intéressant. La plupart des morceaux apparaissent comme trop respectueux (« Us and Them » est du copier-coller de l’original, « Breathe » aussi…). Aucun chœur féminin donc «The Great Gig in the sky » est dépouillé de l’originalité marquante qu’apportait la choriste Clare Torry en 1973. Je rappelle juste que Pink Floyd a commencé à jouer ce morceau mythique dès 1972 en concert donc SANS les chœurs comme le morceau n’était pas terminé mais ils étaient remplacés par un solo de guitare. Pourquoi alors Shutt n’est-il pas allé dans cette voie ? Au lieu de cela, ses soli sont lourds, bruyants et loin de la finesse extrême de Gilmour. « Brain Damage » tombe dans la parodie avec sa grosse voix d’outre-tombe sur les couplets…Bref, pas convaincu, sans doute une occasion ratée. Un projet de producteur pour surfer sur l’anniversaire d’un album légendaire.