Double Cup de DJ Rashad, sorti en 2013, n’est pas qu’un album de footwork : c’est une déclaration d’amour à une scène, un rythme, une ville. Si je lui donne 8/10, c’est parce qu’il réussit un équilibre rare entre complexité rythmique et émotion brute.
Loin d’un simple exercice de style, Rashad propose un son dense, percussif, mais habité d’une chaleur inattendue. Des morceaux comme "Feelin" ou "Only One" injectent une mélancolie presque soulful dans le tumulte syncopé du footwork. L’album devient alors plus qu’un manifeste de genre : un espace de tension entre introspection et énergie brute.
Certes, la seconde moitié perd un peu en intensité, avec quelques titres plus en retrait, mais l’ensemble reste puissant, audacieux et cohérent. Rashad ne cherche pas à rendre le footwork "vendable", il l’ouvre à d’autres dimensions sans en trahir l’essence.
En 15 titres, Double Cup capte un moment-clé, une vision, un souffle. Et même plus d’une décennie plus tard, ce souffle est toujours là.