A-t-on déjà entendu une voix aussi belle et douce mais aussi puissante que celle de Dusty Springfield ? En tout cas moi non et, excepté peut être Aretha Franklin et Nina Simone, jamais une chanteuse ne m'a procuré autant d'émotion. Blanche d'origine britannique au cœur du studio Atlantic qui a basé sa réputation dans le milieu noir (Ray Charles, Aretha Franklin...), elle a su se faire une place et faire écouter au monde sa magnifique voix qui colle à merveille avec des arrangements oscillant entre la soul, la pop voire le rhythm and blues.


Alors au sommet de sa carrière, la britannique se voit pourtant peu à peu éloignée du hit-parade et décide, comme Elvis Presley la même année, d'aller enregistrer son nouvel album à Memphis (mais le finissant à New York). Son producteur comprend alors qu'il faut la mettre dans les meilleures conditions et l'entoure de l'orchestre qui avait déjà brillé avec Aretha Franklin, et quel orchestre ! Les cuivres répondent à merveille aux guitares, violons et pianos et sont joués avec autant de virtuosités qu'en alchimie, et quel feeling ! Si Dusty in Memphis est son sommet, c'est aussi grâce à l'immense qualité des compositions, souvent magnifiques, dont la moitié sont dû au duo Gerry Goffin/Carole King.


L'émotion et l'intensité sont tout le long au rendez-vous tandis que les moments d'anthologies s’enchaînent, l'introduction Just a Little Lovin', Son of a Preacher Man (le seul hit de l'album, une chanson incroyable qui sera aussi popularisée par Quentin Tarantino dans Pulp Fiction), le fabuleux Don't Forget about me ou encore Just one Smile, mais dans l'ensemble rien n'est à jeter et les ballades comme The Windmills of your Minds sont magnifiques et bouleversantes. L'orchestre est incroyable et joue ces si belles mélodies avec tant de justesse et créativité, tandis qu'elle chante (quelle voix ! Même après de nombreuses écoutes, j'en reste bouche-bée) avec autant de puissance que de finesse, capable de monter avec tant d'émotions et de clarté dans les aigus. C'est juste somptueux.


Douce et belle mélodie et voix magnifique, telle est la recette dans ce panel d'émotion que représente Dusty in Memphis, le sommet de la si brillante chanteuse britannique. Les moments d'anthologie s’enchaînent tandis que l'émotion plane tout le long sur cet album, malheureusement elle tombera peu à peu dans l'oubli par la suite malgré un regain d'intérêt dans les années 1980.

Docteur_Jivago
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le 1 avr. 2015

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