Joe Pass, très bon guitariste, plein de finesse et la grande Ella se connaissaient depuis longtemps et leur 1er album ensemble remontait aux années 70. Sorti en 1986, celui-ci est et le 4e et leur dernier avec une Ella à la voix plus aussi puissante que dans le passé, ce qui est normal mais qui prend toujours du plaisir à chanter, ça s’entend, ici, en duo avec un guitariste complice. Le swing viscéral est toujours là. Sa voix est devenue bien grave, le scat beaucoup plus rare : il suffit d’écouter la version à la voix très grave de « On a slow boat to China » de cet album et la comparer avec celle du live à Berlin en 1961, bien plus entraînante et joyeuse. C’était là son avant dernier album, il est donc touchant. Même diminuée physiquement, Ella restait une légende extraordinaire et on peut savourer ici des versions épurées de standards comme « Don’t be that way », « Love for sale », « Moonlight in Vermont » ou encore « On Green Dolphin Street ». Il ne s’agit pas bien entendu d’un indispensable mais c’est un album parfait pour s’évader le soir, s’offrir un moment de calme et de douceur et pourquoi pas en galante compagnie.