Bon album de 1982 mais après le double de 1980 (« Splendido Hotel », 70 mn), di Meola semble montrer la fin d’une ère d’exploration d’un jazz pluriel où les musiques latines ont une place centrale. Le trio acoustique Al Di Meola-John McLaughlin-Paco de Lucia avait triomphé en 1980 avec « Friday Night in San Francisco ». Justement, de Lucia est une nouvelle fois invité sur une des pièces maîtresses de l’album, «Passion, Grace And Fire » dans une ambiance très flamenca. Et ce titre donnera d’ailleurs le nom à un album du trio l’année suivante. Les musiciens fidèles sont à nouveau de la partie : Steve Gadd, Anthony Jackson, Jan Hammer, Mingo Lewis aux percussions et Philippe Saisse. Pas vraiment de surprise dès lors, on est dans un registre hyper maîtrisé et goûteux mais qui fait un peu dans la redite : le morceau « Electric Rendez-vous » est un mélange de ses différentes influences, latines («Ritmo de la Noche »), rock, funk. Agréable, très solide et ce qui bluffait en 1976 sur son 1er album solo, « Land of the Midnight Sun » ainsi que sur les suivants, continue d’impressionner ; mais on n’est par contre plus surpris. «Cruisin' » par exemple composé par Jan Hammer est du pur jazz rock FM, dansant, plus calibré, donc dispensable surtout après le superbe duo di Meola-de Lucia. Il faut reconnaître que les synthés de Hammer ne sont pas ce qui a le mieux vieilli ici. «Black Cat Shuffle » est plus rock et se rapproche de Jeff Beck. Un voyage plaisant mais on se doute qu’avec les nouvelles sonorités des années 80, Al va devoir faire évoluer sa musique vers de nouveaux horizons car il semble en avoir un peu fait le tour. Vu sa qualité extrême de guitariste, il n’y a aucun doute à avoir sur sa réussite. Un guitariste hors-pair, à la maîtrise époustouflante.