Si je pensais ne jamais trouver mon bonheur en jazz via les "Big bands" après mes expériences avec les orchestres d'Amstrong et de Count Basie, il semblerait que j'aie un début de miracle avec Duke Ellington. Oui, un début, mais c'est déjà beaucoup. En gros, ce "Hi-Fi Ellington Uptown" est même le premier album de jazz que j'apprécie positivement. Beaucoup plus varié que les maitres précédemment cités, le Duke parvient à me transporter dans de véritables ambiances avec ses meilleurs titres.
A cet égard, j'ai été très impressionné par "The Mooche" au rythme étrange et fascinant. La batterie ne ressemble vraiment à rien de ce que j'ai déjà entendu en jazz. La musique se poursuit ensuite avec un très beau solo de clarinette auquel répond mystérieusement un autre instrument à hanche plus en retrait. Le dialogue hypnotise et laisse bientôt profiter l'auditeur d'un effet de "growl" sur un trombone (vous savez, l'espèce de grognement comme en faisait Armstrong avec sa voix). C'est un effet caractéristique d'Ellington qui en fit un style nommé "Jungle". Je ne vais pas vous détailler toutes les subtilités de cette musique, mais sachez que l'ambiance est juste exceptionnelle, lourde, humide et en même temps sexy. Excellent !
La piste suivante, "Take the A Train" , si elle propose un tempo plus habituel, est encore une très bonne surprise. Le swing est si exceptionnel que même un inculte comme moi peut le ressentir jusqu'au fond de ses os. Un chant féminin vient bientôt soutenir la musique, notamment via une petite démonstration de scat (les syllabes qui ne veulent rien dire") ma foi fort sympathique. Juste après, vers le milieu de la piste, le tempo change radicalement pour mettre en avant un saxophone langoureux avant de repartir de plus belle jusqu'au final dantesque !
Ma chouchoute, au fait, c'est la première piste, "Skin Deep" essentiellement composée par un incroyable solo de batterie qui aurait presque sa place dans le metal ! A écouter sans modération en cas de coup de mou.
Les trois autres pistes de l'album son hélas moins percutantes. " A tone Parallel to Harlem" propose tellement de changements de tempo qu'elle en devient brouillonne. "Perdido", trop classique, met bien trop en avant ses assourdissants cuivres pour attirer ma sympathie. Enfin, "Controversial Suite" a de bonnes idées mais me semble relativement bancale dans sa construction...
L'ensemble reste tout de même plutôt enthousiasmant ! Je sens qu'il y a intérêt à creuser du côté d'Ellington pour d'autres belles surprises musicales...