Découvert au travers de sa collaboration avec Lady Gaga sur Mayhem, Gesaffelstein est un DJ dont je me devais de suivre les prochaines propositions, encore plus lorsque celles-ci incluent un remix de son duo avec Mother Monster.
Me voilà alors entré dans Gamma, comme l’indique le titre de cet album live, (presque) entièrement instrumental en dépit de quelques paroles prononcées. C’est là où je me retrouve biaisé : c’est la toute première composition instrumentale que je découvre, ce qui fait que j’ai été assez déstabilisé par la proposition : quand j’ai l’habitude de m’appuyer sur l’écriture parolière si le rythme ne me convient pas, je ne peux pas effectuer la manœuvre le cas échéant. Inévitablement, les morceaux techno finissent par se ressembler à mon oreille ce qui m’a forgé une certaine lassitude de son œuvre.
Pour autant, j’y trouve un certain génie dans l’orchestration : le rythme se crée autour de bruitages quotidiens. Un moment ce sont les sirènes qui retentissent, un autre des gémissements orgasmiques, ou plus tard encore, des bruits d’outillage se font entendre. A travers ces choix musicaux, le DJ nous pousse à être attentif à la moindre intégration sonore, pour observer un monde que nous ne regardons par toujours en face. Ce regard vers l’inconnu impose une certaine angoisse, matérialisée par une sonorité techno particulièrement brutale et glaciale.
Cela étant dit, cet univers sonore est à prendre dans son intégralité : aucune musique ne peut être retirée de l’album sous peine de casser la cohérence du projet et les transitions s’opérant magistralement. C’est bien pour cela que je trouve cette œuvre imposante, c’est que je n’ai aucune musique coup de cœur (si j’omets mentionner avoir sauté au plafond quand j’ai entendu Gaga dire « Killah »…), mais paradoxalement, je réécouterai ce projet entièrement volontiers. Plus que 14 morceaux, c’est UNE seule et même grande composition qui se digère.
Pour une première dans l’univers des DJ et de l’instrumental, je ne m’en sors pas si mal ! Il faut dire qu’au vue de ses collaborations avec Lady Gaga, j’étais déjà habitué en partie à l’univers du Prince noir de la techno ; mais le vivre à part entière pour la première fois est une expérience vraiment unique. Faute de culture et d’a prioris, j’ai quelques réticences qui m’empêchent de m’investir plus dans ce projet, mais j’y trouve un aspect addictif vraiment plaisant. Un sacré morceau musical.