Cher Léo,
Quand tu me quitteras, ne m’oublie pas. Jamais, perd confiance, j’écrirai sur toi, tu ne le souhaiterais pas, mais je ne peux faire autrement ; les maux m’appellent, mon clavier chiffré et puant malheureusement m’a soumis. Et j’y tiens, au fond.
Tes textes, tes chants, je m’y plonge encor, je m’y réfère, longue plage de hargne sans vergogne, comme seul toi peut les faire ; ou de caresses voluptueuses (tu me voluptais alors souvent), cotonneuses pansant les plaies purulentes qu’on laissait devinait, à surface d’âme.
Ma littéraire soif de toi s’exorcise enfin, je parviens à prendre mon recul, pour ne que mieux happer ce salmigondis enthousiastement doré et poétique, bouffer sans me goinfrer.
Et là, et là, j’imaginais cette lettre comme un melting-pot, un collage, autrement que purement blanc ; c’est en fait le nacré ivoire qui convient le mieux à une solennellité envisagée.
Mais les convenances, tu les dépasses. Tu en témoignes, l’outrage tu n’en a pas peur, et de ces cons tu en auras souvent saisi le chapeau le menant, cet outrage. Au risque de le payer de ta personne, jamais de ton intégrité.
Dis donc, Léo, ça ne te gêne pas de gagner de l'argent avec tes
idées ?
Non. Ça ne me gênait pas non plus de n'en pas gagner avec mes idées, toujours les mêmes. Il y a quelques temps.
C’est tous ces paradoxes que tu m’as prodigué qui m’auront entraîné parfois le clavier, férocement, abruptement.
Si possible, pas futilement, normalement, ou molassement habituel.
Non, si possible, anarchiquement ;;;;;; stupidement ? déversement
Des
Versements ?
V
E
R
S
E
M
E
N
T
S
Et, si possible, lecteur, fait demi-tour, une lettre ça se lit à l’envers, dans l’ordre du cerveau et des idées, des ployés, de l’humeur des fleurs ou de l’aconit, qui sait ; et surtout celle des jeunes filles roses, et pâles, et satin, et irisées.
Je t’aime.
Je t’aime, je t’aime, je t’aime tant.
Que j’ai accepté l’idée de te lâcher.
Car tu m’aimes, et ça me pénètre, le suc bouche toutes les synaptiques connections de mon électronique intérieur.
Du coup, je compense, comme j’ai toujours compensé.
J’aime le Monde, Ô mon frère le monde, je vis à ce moment-là, où on ne comprend pas le Monde, parce que tout le monde est unique, je me brûle à cette singularité, au particulier, et veux rester surpris de toutes les petites singularités que je trouve sur mon chemin de traverse inventé abstraitement.
Je déblatère trop, ça donne une mouvance de l’esprit, je serai prompt pour achever ces pérégrinations d’un esprit malade ; il aurait fallu tuer Ferré, il m’a fait réfléchir, mais la semence est en moi maintenant, merci grand F.., merci pour tout.
BloCade.