Everest
7.4
Everest

Album de Girls in Hawaii (2013)

Il y avait des années que l’on avait cessé de croire à leur retour.


Depuis leur dernier album et le décès de leur batteur, Girls in Hawaii occupait tout de même les bancs de touche de notre baladeur en raison de quelques titres phares. » Bees and butterfly » , » Plan my Escape » et autre » Found in the ground » retentissaient avec une nostalgie prenante accompagnée de l’espoir incessant d’un come-back. Une musique fraîche et dépaysante qui nous propulsait sous les chutes du Niagara, en pleine crise d’adolescence


Tandis que les bacs de l’indie-pop se remplissaient de sosies qui tentaient de prendre la place laissée vacante, une première annonce apparut. Misses. Celle d’un single qui débarquait comme une bombe sous un métro ; une chute de neige au creux de l’été. L’occasion de prouver en un titre qu’ils avaient eu le temps de progresser, mûrir, re-créer. Une fraîcheur inouïe qui débarquait avec l’annonce d’un concert et bien sur, d’un album.


Everest arrive enfin dans nos oreilles avec une clarté qui chasse les erreurs du passé. Adieu saturations de l’époque From here to here – le genre à faire vriller les tympans – dans une forme d’expérimentation douteuse ( » time to forgive the winter » ). Le sommet de l’iceberg se dévoile enfin, à travers un album à la fois puissant et mélancolique. Comme les premières fleurs après la neige, Everest vient apporter une touche moderne. Malgré tout, le monde continue de tourner.


Auparavant purement satisfaits de leurs premiers albums, on en deviendrait presque déçus tant le niveau monte d’un cran. Une maturité inédite prend forme, à la fois dans les instruments et la voix. Celle-ci s’avère plus posée, sans jamais chercher à dépasser son timbre. Rendue plus sensible grâce aux effets des guitares et autres flûtes, son charme dévaste la justesse installée par le passé. Le renouveau du rythme également, plus puissant et plus cadencé, moins aléatoire. Une structure plus abordable sans qu’aucune longueur ne s’installe à travers les titres. L’atmosphère est trouvée. Le détail de plus qui accorde toutes les parties entre elle, le fil rouge qui fait que ça marche. Ces instants tendres mêlés aux plus forts, entre deux coups d’orage et de vocoder ; les montées qui s’installent en une seule impulsion.


L’ensemble possède encore des restes d’une époque perdue, des paroles presque mielleuses liées à des sons un peu trop chaloupés et nuageux. Des ballades légèrement fausses qui font pâle figure à côté de leurs acolytes. Mais malgré ce léger bémol, Everest est un opus de qualité, permettant à Girls in Hawaii de revenir sur le devant la scène, sans rivaux ni talent équivalent.

Evalia
9
Écrit par

Créée

le 18 sept. 2015

Critique lue 229 fois

Evalia

Écrit par

Critique lue 229 fois

D'autres avis sur Everest

Everest

Everest

8

Kantien_Mackenzie

145 critiques

Belle renaissance dans les montagnes

« Symboliser une renaissance par une sortie de disque, c’est important pour nous ». C’est ainsi que le chanteur/guitariste Lionel Vancauwenberghe conçoit le retour de Girls in Hawaii, fleurons du...

le 11 mai 2014

Everest

Everest

9

Evalia

55 critiques

Tant attendu

Il y avait des années que l’on avait cessé de croire à leur retour. Depuis leur dernier album et le décès de leur batteur, Girls in Hawaii occupait tout de même les bancs de touche de notre baladeur...

le 18 sept. 2015

Du même critique

Back Home

Back Home

10

Evalia

55 critiques

Le fantôme aux cicatrices

Après Reprise et Oslo, 31. august, Joachim Trier, réalisateur norvégien nous offre son troisième long-métrage, et marque sa première exportation Outre-mer. Dans Louder than Bombs, il peint un drame...

le 4 déc. 2015

Lolo

Lolo

2

Evalia

55 critiques

Le film français en 2015 : Mode d'emploi.

Précautions à prendre · Si l'un des effets indésirables devient grave ou si vous remarquez un effet indésirable non mentionné dans cette notice, parlez-en à votre producteur. Étape 1 : Tout...

le 29 oct. 2015

Everybody Wants Some !!

Everybody Wants Some !!

10

Evalia

55 critiques

Soyons désinvoltes ;

Rien de plus banal que de réaliser une comédie américaine sur la vie des jeunes d'un campus universitaire. Il suffit d'y mettre un peu de soleil, du sport, des filles et de l'alcool. Le décor est...

le 30 avr. 2016