Même si rien ne peut rivaliser avec des classiques de son catalogue comme Lungs ou Ceremonials, Everybody Scream s’en rapproche, canalisant la même énergie et offrant des plaisirs et des frissons similaires, pour la première fois depuis un bon moment. Tout sur ce disque paraît plus concentré que tout ce qu’elle a fait auparavant. Plus abouti musicalement et émotionnellement que la version caricaturale de Florence + the Machine pourrait le laisser croire, Everybody Scream est un album qui suggère qu’elle porte plutôt bien son statut durement acquis. C’est un témoignage impressionnant de la maîtrise artistique de Welch : même si Everybody Scream se termine sur une note plus calme, il reste une déclaration éblouissante et grondante de catharsis, trouvée en faisant du bruit. Ceux qui ne s’investissent pas dans les performances live pourraient toutefois trouver Everybody Scream moins convaincant. Plus le disque avance, plus il dépend de la théâtralité de Welch et compagnie, qui ne peut parfois être pleinement appréciée qu’en la voyant s’infiltrer dans leur présence scénique, sous vos yeux. Heureusement, l’album contient juste assez de titres qui dégagent une énergie si radieuse, même en streaming, vous invitant à vous perdre dans cette communauté réparatrice et sans cesse grandissante.