Bon, d'accord ! Étant donné que très peu ont fait l'effort de l'écouter et de donner son avis dessus, il fallait bien que le blogueur ayant carrément consacré un podcast sur le sujet (https://www.mixcloud.com/morgan-bruder/le-tube-qui-cache-la-for%C3%AAt-episode-1-alane-et-deep-forest/) s'y mette. Que vaut donc le dernier album de Deep Forest "Evo Devo" ? Il faut tout d'abord se rappeler que Deep Forest, ce n'est plus que, depuis 2008 et la sortie de "Deep Brazil", des projets solos d'Eric Mouquet... Si ce dernier a été très bon pour nous sortir encore de magnifiques chansons ("Amazonia", "Ceu do Brasil", "Fazenda", "Bedi"), les albums eux, s’avéraient de moins en moins consistants et montraient que Mouquet pêchait un peu à faire rentrer son son dans la modernité. Les projets solos de son ex-collègue "Michel Sanchez" sont de ce fait, bien plus intéressants et montre une belle maîtrise de l'outil électronique, dans la juste lignée de "Music Detected". (On sait maintenant où se trouvait la dissension entre les deux).
Oui mais voilà, Eric Mouquet a décidé quand même de faire de cette nouvelle sortie, un album électronique principalement. S'il est lui aussi dans la lignée de "Music Detected", il ne le dépassera jamais; il est même bien en dessous ! S'il arrive de temps à autre à sonner comme une production moderne, la plupart des sons semblent déjà dépassés, datés du début des années 2000 comme si sa progression s'était arrêté là. L'album peut sonner expérimental dans ses tentatives d'effets et de collages, la plupart déjà-entendus dans leur discographie, mais cela se fait surtout au détriment de grandes chansons "New Age", euphoriquement dépaysante et poignante de beauté mystique. Il pose des samples et des idées l'un à côté de l'autre, en faisant attention tout de même que ça sonne, mais le développement total d'une ligne mélodique s'est appauvri. Mouquet a perdu de sa superbe...
Alors ne vous méprenez pas, "Evo Devo "n'est pas non plus raté, dans le sens où il se laisse tout de même écouté, non sans ennui. Son titre reste trompeur : il n'y a ni évolution, ni développement là-dedans. Non, la dernière sortie de Mouquet fera l'affaire pour ceux qui souhaitent quelques musiques méditatives d'ambiance, avec quelques réminiscences des heures de gloire du groupe. Par un manque de cohérence et des titres bien plus tapants, votre méditation risque d'être gêné mais quelques passages, quelques notes ont tout de même une certaine force d'inspiration. On regrettera qu'"OYME", les voix de l'album, n'ont pas eu de thèmes aussi forts que les précédents artistes (qu'on estampillera "World" par défaut) passés chez Deep Forest : le groupe est sûrement très bon mais même après ces onze pistes, on ne sait pas ce qu'il vaut. On préférera donc écouter cette dernière œuvre en fond, plutôt que la vivre à fond, se projetant par la musique dans de nouveaux paysages.
C'est un peu ce que j'attends de Mouquet, qu'il nous fasse comme Jean-Michel Jarre et son Electronica. Mais à défaut d'explorer l'Histoire, qu'il aille explorer avec ses machines des contrées, des pays dont la production musicale est peu connue.