Fantastic, premier étage.
Dès la pochette, la couleur (sans vouloir tomber dans le jeu de mot racial) est annoncée : "A Jay Dee Production". Le succès de Labcabincalifornia, paru l'année précédente et déjà produit par ce dernier aurait donc été un argument de vente imparable pour Slum Village.
Comme bien du monde, j'ai découvert le célèbre et défunt producteur avec son légendaire et richissime "Donuts".
Curiosité oblige, je suis parti fouiner du côté des débuts de l'artiste, et après un "Welcome 2 Detroit" mitigé mais riche en expériences sonores, je suis tombé sur son boulot avec Slum Village.
Verdict de ce Fantastic, première cuvée : le hip-hop d'ascenseur est né (dans l'univers de mes maigres connaissances de ce vaste monde). Propre, lisse, dénué d'agressivité ou d'extravagances, le travail de Jay Dee répond à l'affirmation répétée sur le morceau "The Look of Love" : You know what love is. Le velours est au rendez-vous !
Le flow du groupe (classique, pas inoubliable, mais approprié) s'assied donc à merveille sur les productions claires et pratiquement effacées de Jay Dee, qui ne s'est manifestement pas encore intéressé à la musique électronique, mais possède déjà une technique, une précision et un sens du détail remarquables.
Mention spéciale pour le vocodeur de "Give this Nigga", qui emplit le cerveau de soleil, de décapotables chromées et de de dents en or resplendissantes en à peine 1 minute.
A suivre avec le volume 2 donc, qui renferme des featuring avec Q-Tip , D'angelo ou encore Busta Rhymes, et qui est susceptible de posséder davantage de maturité que ce premier opus.
En attendant, cet album est idéal pour boire des bières et discuter avec des potes, jouer une partie de cartes, ou encore, une longue montée en ascenseur sympathique.