Parmi les (nombreux) groupes britanniques qui sont apparus au début des années 80 dans le hard rock et qui ont disparu sans faire de bruit (un comble), sans avoir connu de succès grand public, Chateaux a sa place. Un groupe devenu culte aujourd’hui pour des connaisseurs du metal : 3 albums seulement de 1983 à 1986 et puis s’en va. Ça me rappelle une autre formation Grim Reaper, elle aussi « coupable » de trois albums avant de disparaître en 1988. D’ailleurs c’était Steve Grimmett, le chanteur de Grim Reaper, qui assurait les voix sur le 1er album de Chateaux (étrangement sans être crédité…) en 1983. La formation est largement renouvelée pour le 2e album, ce « Firepower » de 1984, toujours autour du guitariste Tim Broughton, tête pensante de la formation : Grimmett est remplacé par le bassiste chanteur Krys Mason, arrivé avec le batteur Chris Dadson. Allez, on peut déplorer ce changement, Grimmett restant un vocaliste de haute tenue, Mason, lui, étant un bon cran en dessous. Leur 1er album restera leur meilleur et je trouve que leur discographie réduite ira en se dégradant jusqu’au 3e (et ultime) album. Ce 2e n’est pas à dédaigner pour autant. Oui, il sonne daté et la production manque de pêche, comme beaucoup d’albums heavy du des années 80. Oui, la typographie, le look rappellent cette époque. Mais c’est aussi un bain de jouvence sympa pour ceux et celles qui étaient gamins/ados dans les eighties. Et ça, c’est toujours agréable ma foi.
OK, je vous accorde que le heavy metal de Chateaux n’a jamais brillé par sa folle originalité. Peu de chance que vous vous réveillez la nuit pour en écouter. Non, c’est du hard solide, sans fioriture en une trentaine de minutes mais sans tube non plus, ce qui a sans doute fait que ce groupe est resté inconnu en dehors des cercles restreints de métalleux. Si vous voulez du speed, il y en a, avec les morceaux d’ouverture et de clôture, «Rock And Roll Thunder » et « V8 Crash » qui dépotent bien et vous décrassent les cages à miel dès les 1ères notes, en vous rappelant des groupes de l’époque comme Accept. Le reste est plus dans une veine heavy metal plus traditionnelle avec un "Roller Coaster" qui fait penser à Kiss ; « White steel » vaut aussi l’écoute, « Eyes of stone » possède un solo qui décape bien. Oui, la guitare est vraiment l’élément primordial de Chateaux mais ça ne suffit pas à faire oublier un chant criard et une batterie trop monotone, les points faibles de Chateaux : on a parfois l’impression d’écouter d’une piste à l’autre le même morceau qui se poursuit, dommage. Au final, un album pas désagréable qui vous renvoie à cette époque où chaque semaine (ou presque) un nouveau groupe de hard faisait son apparition, même en France, et où la presse spécialisée florissait ! Oui, il y a un peu de nostalgie dans tout ça et ce « Firepower » est loin d’être exempt de défauts. Mais pour quelques titres solides, à défaut de vous coller au plafond, il vaut le détour tout de même.