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Bordel fantomatique
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‘Form of…’ est sorti en 2003, mais nous nous devions de le chroniquer sur Liability. Parce que cet album, ainsi que le EP ‘Music for the short film Marie - Madeleine’, reste aussi surprenant, même après de nombreuses écoutes. ‘Form of…’ est le premier album issu d’une formation franco-américaine : Lori Sean "Berg" (Jérôme Lorichon), Shane "Sans Nipple" Aspegren. Tous deux avaient déjà fait leurs preuves chacun de leur côté : le premier officiait au sein des groupes Purr ou Don Nino, et le second de Lullaby For The Working Class, et Songs:Ohia. Les Berg Sans Nipple sont parvenus à explorer profondément les sons produits par leurs instruments, et concevoir une musique aux limites de la pop, du post-rock, de l’electronica et de l’expérimental. Dans certains morceaux, comme « Form of » ou « Flapping », il se dégage une énergie primitive surprenante. Tout se prête au jeu de l’expérimentation sonore et rythmique: trompette, Würlitzer, Casiotone, mélodica, piano à soufflet, piano jouet, leurs mains… Certains morceaux sont plus doux et d’une sensualité magnifique (A new soul, Dilate in rythm). Parfois, des voix lointaines, des cris bestiaux, habitent ces morceaux instrumentaux.Toujours résident dans cette album une élégance naturelle, un calme apaisant parcouru de moments noisy. Toujours, un mélange de subtilité et de violence. Les mélodies crées sont envoûtantes, il faut se laisser porter à un voyage dans une autre dimension. En plus, leurs prestations scéniques ne font que confirmer ce qu'on pensait d'eux. Berg Sans Nipple, c'est une grosse claque.(liability)
Myst, Riven et tout le reste vous connaissez ? Eh bien moi, à la première écoute de ce premier album – "Music For The Short Film Marie-Madeleine" était plus un mini album -, c’est un peu à ça que je pense. A première vue, la comparaison peut paraître un peu obscure, je vous l’accorde. Et pourtant, à l’instar des jeux vidéos précités dans lesquels à chaque lieu correspond un son, le meilleur duo franco-américain du moment s’amuse à donner une coloration presque unique à de nombreux passages de leur disque. Ainsi, sans entrer dans une fastidieuse énumération, puis-je évoquer "A Free…", ses clappements de mains et ses métallophones rappelant les gamelans du Japon, ou encore "Blvd. Des Souvenirs" et son bruit d’épée que l’on tire de son fourreau. Nous voici en promenade dans des contrées inconnues où les codes sonores se brouillent et se mêlent pour nous ouvrir à de nouvelles perceptions au sein de rythmes dictés par des percussions envoûtantes (batterie et boîte à rythmes).
Sur "Dilate In Rythm", la première voix se fait entendre, celle d’une femme. Seulement, parvenue jusqu’à nous par l’intermédiaire d’un écran de télévision, elle commence à perdre de sa visibilité : l’image se trouble et des parasites la déforment, brouillant le message original. Une fois encore nous venons de perdre la trace des origines de cette musique.
Lori Sean "Berg" (Jérôme Lorichon), déjà repéré dans des formations telles que Purr et Don Nino, s’occupe des claviers, de la trompette et d’autres instruments aussi divers que variés, tandis que Shane "Sans Nipple" Aspegren, ayant quant à lui participé essentiellement à Lullaby For The Working Class, Songs:Ohia et Bright Eyes, se charge principalement des percussions. En dépit du fait que la musique de ces deux garçons soit essentiellement instrumentale, elle ne doit pas être hâtivement classée dans la catégorie post-rock, car celle-ci est plus intelligente que ce genre de classement réducteurs et lui est même imperméable. S’il est également vrai qu’elle est exigeante envers l’auditeur, elle se révèle pourtant très rapidement naturelle et comme imprégnée d’une autre logique sonore qui nous submerge avec une facilité contre laquelle il est vain de lutter.
Ecouter "Form Of…" c’est accepter qu’un autre monde entre en communication avec nous. Et même si nous n’arrivons pas encore à décrypter l’intégralité du message, même s’il nous reste encore à en découvrir certaines subtilités, la beauté du langage, nous la ressentons, son évidence nous la devinons ; c’est bien là l’essentiel.(popnews)
Créée
le 13 mars 2022
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