Écouter Formanka, c’est comme emprunter une route secondaire, loin de l’autoroute principale des années 90.
Ce deuxième album des écossais de 18 Wheeler n’a rien d’un manifeste flamboyant. Pas de grands refrains conçus pour remplir des stades, pas d’attitude tapageuse. Et c’est précisément ça qui le rend précieux.
Les guitares y sont comme la lumière d’un après-midi d’automne : parfois éclatantes, parfois voilées par un nuage. Les chansons, elles, oscillent entre une mélancolie douce et une clarté fragile. On y entend des échos de Teenage Fanclub, des reflets de Big Star mais jamais comme une copie servile : plutôt comme si 18 Wheeler avait voulu tracer une petite route parallèle loin du tumulte.
Écouter Formanka, c’est accepter de ne pas chercher l’évidence. C’est se laisser prendre par des chansons qui ne veulent pas séduire tout de suite mais qui construisent une intimité étrange, presque complice. On se surprend à y revenir, sans trop savoir pourquoi, comme on retourne dans un lieu secret dont on a besoin.
Alors oui, Formanka n’a jamais fait la une des magazines et peut-être qu’il est voué à rester dans l’ombre. Mais pour moi, c’est justement ça, son pouvoir : celui d’un disque confidentiel, une porte dérobée dans la discothèque des années 90.