J’aimais bien la Suzy Quatro des seventies, rockeuse teigneuse et sexy en diable moulée dans sa combi’ de cuir noir et basse à la main. Mais attention, on sentait bien qu'il ne fallait pas lui marcher sur les pieds à Suzy sous peine de se recevoir un coup de santiags ou de basse dans le portrait! J'aimais nettement moins celle des années 80, un peu perdue dans des brumes pop et new wave ; là j’avoue que j’avais un peu laissé tomber…La retrouver en 2026 avec un aussi bon album est une sacrée surprise ! Eh oui, elle a 75 ans Suzy mais met les choses au point tout de suite : « J’ai 75 ans et je m’en fiche ! » balance-t-elle en interview pour clore le débat. Comme quoi, le temps ne fait rien à l’affaire : rockeuse un jour, rockeuse toujours ! Waouh, qu’est-ce que ça envoie et dès les 1ères notes en plus ! Oui, je me suis dit, quel album couillu, ce qui pour elle est un sacré compliment, elle a été la 1ère vraie rockeuse à remporter un succès international dans les années 70 ! Dans le monde de machos qu’est le rock (ne nous voilons pas la face, il le reste en 2026 mais imaginez ce que c’était en 1973 !!!), Suzy s’est imposée par son talent et sa forte volonté, ouvrant la voie à des Joan Jett et Chrissie Hynde et on sent qu’elle n’est pas prête à rendre les armes. Elle est entourée par son fils Richard et ça commence d’enfer avec « Freedom » et « Little Miss Lovely ». Forcément, c’est au grand Lemmy de Motörhead qu’on pense et qui nous manque tant. Du rock pêchu, rentre-dedans et si ça vous écorche les oreilles, écoutez autre chose…
Moi, j’ai souvent pensé ici à Motörhead, l’esprit est là, les doigts dans la prise d’électricité comme dans «Here's Ya Boots » (ma petite préférée). Et, allez, pourquoi s’arrêter en si bon chemin ? Sur « Hanging Over Me », Suzy se la joue carrément punk rock et ça balance d’enfer. Elle s’offre une reprise du grand Freddie King sur « Going Down » et on finit en beauté avec celle du MC5 (oui, oui !) et leur célébrissime « Kick out the jams » où elle convie rien de moins qu’Alice Cooper, mazette que ça crache ! 153 ans à eux deux et on a l’impression de deux gamins de 20 ans qui s’éclatent comme des fous à hurler leur rock’n’roll contestataire. Bon, j’ai trouvé « Woman’s song » un peu plus molle du genou mais uniquement car le reste est de très haut niveau. Ouais, ça m’arrive rarement aujourd’hui mais j’ai pris une claque en écoutant cet album dont je n’attendais pas grand-chose. C’est encore une fois la preuve que le rock est avant tout un état d’esprit, une envie de s’amuser et de balancer un coup de pied dans la fourmilière ronronnante et conformiste. La sincérité et l’authenticité sont comme une fontaine de jouvence. Eh, avouez quand même qu’une grand-mère comme ça, le point levé sur son chopper et basse en bandoulière, tout le monde aimerait en avoir une, non ?! 😄🤘