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le 1 mars 2026
Hé bien, mine de rien, cela faisait plus de dix ans qu'un album d'Archive ne m'avait pas vraiment embarqué. Il y avait des bons morceaux dans Restriction, mais l'ensemble était trop hétéroclite, faisait trop juxtaposition de chansons pour ne pas considérer ce disque comme inférieur aux plus grands trips du collectif (Controlling Crowds, Lights, You All Look the Same to Me et Londinium), caractérisés par leur unité et leur densité sonore et thématique.
De même, je n'ai jamais réussi à entrer dans The False Foundation (mais je serais bien en peine de dire pourquoi), et Call to Arms and Angels était beaucoup trop long à mon goût, perdant de fait puissance et cohérence au fil des chansons, au point d'y diluer ses meilleurs passages.
Glass Minds remet clairement l'église au centre du village Archive. Bien que de styles et de rythmes différents - même si le tempo global de l'album est assez lent -, les titres s'enchaînent avec fluidité et évidence, pour former un seul et même ensemble de presque 80 minutes où tout fait sens.
Le recours régulier à des cuivres puissants et gracieux constitue un autre atout majeur, dont Darius Keeler et Danny Griffiths usent sans abuser comme d'une couleur complémentaire pour lier l'ensemble d'un tableau dont on retrouve avec plaisir les teintes plus familières : vastes paysages synthétiques, guitares solides, lignes rythmiques bien serrées où des sonorités électroniques s'entrelacent au groove intact de Smiley, le batteur du groupe.
"Broken Bits" nous fait entrer tout de suite dans le vif du sujet avec une suite de braaam que ne renierait pas Hans Zimmer, coups de poing enfoncés dans une trame sonore sombre et dense, façon Axiom ou Controlling Crowds, avant qu'une séquence bien obsédante n'entraîne le morceau dans un tunnel qui monte somptueusement en puissance sur presque sept minutes.
Aucun titre de moins de cinq minutes au passage, ce qui montre que le collectif n'a rien perdu de sa maîtrise d'écriture et de son art de la narration musicale au long cours, fondé sur la répétition et un foisonnement progressif de l'orchestration.
La chanson-titre, "Glass Minds", introduit Lisa Mottram, pour six minutes à la fois martiales et délicates où le timbre singulier de la chanteuse, très différent encore de la voix chaude et sensuelle de Maria Q ou de celle éthérée et mystérieuse de Holly Martin, propose un envoûtement fragile, toujours sur le fil.
On attaque ensuite les presque neuf minutes de "Patterns," lente ballade présentée comme la première composée pour l'album, et où l'on retrouve la signature vocale de l'indispensable Pollard Berrier, entre puissance vitale et déchirure existentielle, avant que "Look At Us" ne dégaine guitares et batterie pop-rock en tirant la voix de Mottram sur un fil à haute tension - et les familiers du groupe en concert peuvent alors très bien imaginer Darius Keeler en train de se déchaîner debout derrière ses claviers, à lancer le poing au rythme de la musique comme s'il essayait de casser la gueule aux souffrances que son collectif raconte et dénonce depuis plus de trente ans.
On est déjà pas loin de la demi-heure de musique et on atteint seulement le cinquième titre du disque, avec un sentiment de complétude où il reste de la place pour d'autres émotions fortes. Ça tombe bien, la suite n'en manque pas, avec autant de rigueur et de créativité (cf. le mélange de cordes dissonantes et de chœurs planants dans "The Love The Light"), même si je vais vous épargner de tout raconter en détail parce que bon, la musique, après tout, il faut plus l'écouter que la raconter au bout d'un moment.
Juste vous signaler encore la merveille de "City Walls", l'un des trois singles publiés avant l'album, accompagnée par la douceur de Pollard Berrier et qui rappelle d'autres délicatesses passées dans le même style ("Taste of Blood" sur Lights, "Distorted Angels" sur Axiom) ; ou le retour au trip-hop percutant façon Controlling Crowds dans l'avant-dernier morceau, "Heads Are Gonna Roll", qui marque l"intégration d'un nouveau membre au collectif, Jimmy Collins.
Sans attendre les sommets peut-être inatteignables du groupe, Glass Minds prouve qu'Archive ne lâche rien, et poursuit sa voie créative sans rien céder à son exigence, à son originalité et à ses convictions.
Créée
le 1 mars 2026
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