On dit souvent des œuvres d'art qu'elles reflètent leur époque. Je suis convaincu que les musiques dont on tombe amoureux reflètent une certaine temporalité, une connexion au monde et au chemin que l'on emprunte.

Gold sort en 2001 après les attentats du 11 septembre, et s'il n'avait pas anticipé les évènements qui allaient déstabiliser son pays et le monde par ricochés, Ryan Adams (et pas Bryan, pitié) a la prétention de livrer sa "masterpiece", portant les voix de cette Amérique fragile et tellement puissante à la fois.

Déjà fan de Rock'n'folk à la base, de Dylan, de Neil Young, de Springsteen, je me retrouve totalement immergé dans le rêve d'une Amérique humaniste et torturée, illustrée par la voix protéiforme du songwriter (je croyais même au début qu'il y avait des featuring et qu'il ne chantait pas sur toutes les chansons !).

Sa voix ! j'aurais tellement aimé avoir la même au moment de maltraiter ma Takamine (tant pis, je joue en ré). De velours, de soie, râpeuse, elle est magistrale tout au long des 16 morceaux (qui devaient être 20 au départ).

Les morceaux, parlons en, de "New York New York" pour démarrer sur les chapeaux de roue à "Goodnight Hollywood Boulevard" pour pleurer sur la fin du chemin, ils explorent toute la carte de l'histoire pop-folk américaine : Country bien sûr avec "Firecracker" ou "Somehow, Someday", Pop avec "Answering bell", La Cienega Just Smiled", "When The Stars Go Blue", Blues ("The Rescue Blues"), balade avec les magnifiques "Sylvia Plath" et "Harder Now That it's Over", Folk bien sûr avec les fabuleux "Wild flowers", "Goodnight Hollywood Boulevard" puis Folk-Hard ("Nobody Girl") sans parler du truc improbable soul qui te file des frissons et que t'avais pas vu venir (encore plus fort en version live) : "Touch, Feel & Lose"

Comme je le dis en intro, cette œuvre aussi encrée dans sa temporalité est sûrement à réinterroger dans l'Amérique de Trump, 25 ans plus tard ; il n'empêche, ce mélange de doutes et d'optimisme forcé, de prétention et de fragilité, c'est mon rêve d'Amérique, celui que je continue à cultiver.


So close your eyes

So close your mouth

And do this all in time to the music

That screams like a child in the back of your mind

In a clown's saloon




So goodnight Hollywood Blvd, goodnight,

See ya soon

Goodnight Hollywood Blvd, see you sometime

Yeah, right






Fred_de_Briavel
9
Écrit par

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Créée

le 15 janv. 2026

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