Décidément, Rhino gâte les fans du Dead avec ses rééditions en double album. Après les indispensables Aoxomoxoa de 1969, Workingman's dead et American Beauty sortis en 1970, voici celle de Skull & Roses pour le 50e anniversaire de la sortie de ce live. On est encore une fois séduit! C'était une période hyper-créative pour la bande à Jerry Garcia, aussi bien en studio qu'en concert, hypnotisant des fans à travers le monde entier: à l'été 1971, ils viennent jouer au Château d'Hérouville, invité par Michel Magne, pour les habitants du coin, faute de pouvoir se produire comme c'était prévu au festival d'Auvers sur Oise. Habitants qui, dit-on, ne s'en sont jamais complètement remis!!! L'album original a été bien remasterisé et contient des titres enregistrés en presque totalité à New York en avril 1971, au Fillmore East et au Manhattan Center. Un seul titre, leur reprise de Johnny B. Goode, a été enregistré, lui, au Winterland de San Francisco, un de leurs lieux de prédilection. Le groupe joue à la perfection, à commencer par Garcia et sa guitare fantastique, mais Weir, Lesh, Kreutmann et enfin McKernan à l'orgue et à l'harmonica donnent aussi le maximum pour que le son collectif emporte le public. Quelle équipe! Une compilation live où les chefs d'oeuvre originaux (Bertha, Playing in the band...) se mêlent à des reprises gouleyantes (Big Boss Man, Me & Bobby McGee...). Edition anniversaire oblige, ce live est accompagné de 10 titres enregistrés le 2 juillet 1971 "à la maison", au Fillmore West de Frisco, concert jusqu'ici disponible uniquement en bootleg: le groupe faisait partie des artistes qui ont participé à la fermeture de cette salle mythique, une semaine de concerts parmi lesquels on a pu compter ceux de Santana, Creedence Clearwater Revival, Hot Tuna, Elvin Bishop entre autres. Encore une fois, une belle performance, bien planante comme on les aime mais qui sait être pêchue quand il le faut. Bien sûr, on y retrouve plusieurs morceaux communs aux 2 performances (Mama tried, The other one...) mais avec le Dead, la place de l'improvisation permettait de toujours varier les versions. Quant à la présentation, elle est super soignée: sublime pochette, beau livret qui remet ces concerts dans leur contexte, il y a même un autocollant pour les fans du groupe! Un lien a été ajouté pour aller écouter sur le site du groupe (dead.net) un podcast d'1h24 qui raconte l'histoire de cet album et la fermeture du Fillmore West. Rien à ajouter, c'est du superbe boulot qui prendra place dans n'importe quelle CDthèque.