Sixième production du groupe, l'album commence sur les chapeaux de roue avec un "Somebody to shove" qui décoche un riff très efficace et lance parfaitement le disque ; si le titre est, par ailleurs, assez classique voire convenu (compte tenu du genre) ; il a le mérite de poser des bases solides.
Les bases en question sont tellement solides qu'il faut faire le constat que sur ce Grave Dancers Union, rien n'est à jeter. Aucun titre de remplissage, trop facile ou répétitif ; non, tous les morceaux amènent quelque chose :
Un riff qui rentre tout de suite dans la tête ("Keep it up"),
Un arpège planant ("Homesick"),
Une guitare acoustique très intimiste/minimaliste ("New World"),
Une rythmique heavy bien syncopée ("April Fool") etc...
Par exception, le tout dernier titre "The sun maid" est un peu fade, en retrait.
Il était sans doute difficile, au début des années 90, de se faire durablement une place de choix sous les projecteurs compte tenu de l'énorme concurrence de l'époque dans le genre pop/hard rock/grunge (Nirvana, Guns and roses, Soundgarden, Alice in chains, Def Lepard, Aerosmith, Bon jovi, Counting crows, etc... etc...).
Alors il y a bien sûr eu "Runaway train" (diffusé en boucle sur MTV à sa sortie et 246 millions de vues pour le clip Youtube à date) mais le titre a pu dans une certaine mesure vampiriser l'attention.
Pour certains, Soul Asylum c'est le groupe de "Runaway train" et puis c'est tout.
Le public et la critique ont réservé un sort étonnant à cet album : très médiatisé à sa sortie (surtout pour son single phare), il est finalement tombé relativement vite dans l'oubli.
En synthèse : probablement noyé au milieu d'une production musicale alors pléthorique (quantitativement et qualitativement) ; Grave Dancers Union est, au delà de son single phare, un excellent album injustement oublié.