Si les albums précédents de Smith avaient tendance à saturer le champ sonore de figures synthétiques tourbillonnantes, telles autant de cerfs-volants dans le ciel, Gush augmente la gravité et dégage davantage d’espace négatif. Chaque son pèse davantage et s’emboîte plus facilement dans des grooves prolongés. C’est là que réside la plus grande force de Gush : un album tiraillé dans des directions opposées, musicalement et thématiquement, aurait facilement pu paraître mal avisé, éprouvant et obscur, et pourtant, sous la conduite de Smith, il devient un assemblage naturellement cohérent, intrigant, séduisant et surprenant.