Hair
7.3
Hair

Album de Ty Segall et White Fence (2012)

Psychédélisme au cordeau : quand le chaos devient cohérence

Dans le foisonnement garage-psyché de la scène californienne, Hair (2012), collaboration électrique entre Ty Segall et White Fence (alias Tim Presley), surgit comme un joyau brut, oscillant entre l’hommage vintage et l’énergie punk désinvolte. Un album qui ne cherche pas tant à plaire qu’à exprimer – et c’est sans doute ce qui fait sa force.


Dès les premières secondes, Time donne le ton : fuzz saturée, voix noyées dans la réverb', et cette impression délicieuse que tout pourrait s’écrouler d’un moment à l’autre. Mais non – derrière l’apparente anarchie se cache une précision artisanale. L’album, court mais intense (à peine 30 minutes), enchaîne les morceaux comme autant de petits flashs psychotropes, sans jamais tomber dans la redite ou l’ennui.


Ce qui frappe, c’est l’alchimie quasi instinctive entre Segall et Presley. Là où Ty apporte sa sauvagerie instinctive et ses riffs abrasifs, White Fence contrebalance avec des structures plus sinueuses, des harmonies sixties et une touche plus introspective. Le résultat : une fusion qui transcende les influences pour créer un objet sonore à la fois référencé et singulier. I Am Not a Game ou Scissor People en sont les plus beaux exemples : abrasifs, tordus, mais diablement accrocheurs.


Alors bien sûr, Hair n’est pas un album lisse. Il n’a pas vocation à l’être. Certaines pistes semblent partir dans tous les sens, au risque de perdre l’auditeur moins habitué à ce genre de frénésie rétro-expérimentale. Mais c’est précisément ce caractère foutraque, cette absence de compromis, qui m’a conquis. L'album déborde de vitalité, comme une session live enregistrée à chaud, sans filet – et c’est ce souffle brut qui m’a donné envie d’y revenir encore.


Si je lui attribue un 8/10, c’est parce que Hair assume pleinement ce qu’il est : un ovni sonique, libre et fiévreux. Il ne cherche pas à être parfait, mais il touche juste. Ce n’est pas un album de tous les jours, mais c’est un disque qu’on garde dans un coin de tête, prêt à ressortir quand l’envie de chaos maîtrisé se fait sentir.


En somme, Hair est un trip. Court, intense, parfois bancal – mais inoubliable.

CriticMaster
8
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le 11 avr. 2025

Critique lue 4 fois

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