Mêlant folk traditionnel, éléments expérimentaux et inflexions psychédéliques avec une telle dextérité qu’il est impossible d’y voir le produit de quoi que ce soit d’autre que d’années passées à affiner son art avec dévouement, les dix chansons de Hard Hearted Woman en sont peut-être la version la plus puissamment distillée à ce jour.
Varié mais cousu ensemble avec élégance, Hard Hearted Woman montre les multiples facettes de Cogan, dont l’histoire est aussi résiliente que les sujets qu’elle dépeint.
Elle alterne entre lutter contre le courant et s’y abandonner. Cette approche, associée à des voix en équilibre entre désespoir et détermination, confère à « The Smoke », avec ses synthés de cathédrale, et surtout à « Division », avec son rythme de batterie krautrock narcotisé, une énergie troublante, à la fois traîtresse et cathartique.