Quand je me décide à écrire la critique d'un album de musique ici, c'est parce que je considère que j'en ai fait le tour et que je peux passer à autre chose,
Ici, c'est différent. J'écris cette critique mais Heaven va continuer à hanter mes favoris sur Deezer pendant un certain temps. Je ne saurais expliquer comment ni pourquoi je les aime.
Je ne saurais expliquer pourquoi, lorsque je lis des critiques de cet album où l'on dit "ça sonne comme du U2" ça me blesse, parce que U2 est devenu inécoutable, et que ça me plait, parce que U2, oui, j'aime beaucoup (et je vous emmerde profondément).
Cet album n'a plus rien à voir avec le désespoir destructeur de Bow and Arrows. J'ai envie de dire merci, parce que, ma foi, ça fait du bien, un peu moins de densité.
J'ai remarqué un truc avec Heaven, contrairement à pas mal d'autres albums que je dissèque en playlists pour les écouter selon l'humeur, j'ai écouté celui ci à n'importe quel moment de la journée, sur un laps de temps d'environ deux semaines. En allant travailler sur mon vélo, en allant déjeuner sur les docks, au supermarché, le soir chez moi, quand je me réveille en sursaut après un cauchemar, quand une nouvelle journée commence, quand une journée passable se termine, quand le soleil déchire les yeux le week end, quand le lundi soir lacère, dans le train qui part plein d'allégresse et celui qui rentre, pesant et malheureux.
Je ne veux pas rabaisser ce bijou musical à des instants triviaux, mais tout de même : les chansons sont des litanies, elles te vrillent assez facilement le cerveau pour s'incruster dans les moindres pores.
C'est un groupe à écouter avec la peau.