Bon, certains fans avaient été bigrement déçus par ce Bowie cuvée 1999, l’accusant de répétitions, de remplissage, de mollesse. C’est vrai que si vous attendez l’artiste novateur de la trilogie berlinoise, l’expérimentateur électro-rock de « Outside », vous allez en être pour vos frais. Bowie surprend à nouveau son monde en revenant à un son plus pop (« Thursday Child », "Something In The Air" ou encore « Survive », « Seven days », des morceaux hyper solides à défaut d’être innovants…) et surtout rempli de fantastiques mélodies. Toujours précurseur et à l’écoute de son temps, « Hours… » a été un des premiers albums d'un artiste majeur à être proposé en téléchargement sur Internet. Il a été conçu à l'origine comme bande originale du jeu vidéo « Omikron: The Nomad Soul » (1999) dont Bowie pensait que sa musique pourrait apporter une touche d’émotion au jeu vidéo. Cet album marque la dernière collaboration entre Bowie et le guitariste Reeves Gabrels, avec lequel il travaillait depuis 1988 et qui a été de l’aventure Tin Machine.
Eh bien moi j’ai toujours bien aimé cet album, pas dans le peloton de tête de sa discographie, pas le plus surprenant (loin de là) mais vraiment agréable et sans les facilités d’un album comme « Tonight » en 1984 qui sentait le manque d’inspiration à plein nez. OK, rayon points faibles « What's Really Happening ? » et « New Angels Of Promise » ne sont ses meilleurs morceaux. « What's Really Happening ? » a une histoire particulière car David a organisé sur son site internet un concours afin de compléter les paroles de la chanson et de se rendre à New York pour assister à l'enregistrement. Le vainqueur a même pu participer aux chœurs ! Mais quand Bowie monte le son, sur « If I’m dreaming my life » et plus encore l’excellent et décapant « The pretty things are going to Hell », là, on en prend plein les esgourdes et ça fait un bien fou : le Thin White Duke était encore capable de cracher de l’électricité ! Quand on pense à ses albums assez désastreux des années 80 (après « Let’s dance »…) jusqu’à «Black Tie White Noise » en 1993 (qui le voyait amorcer un retour intéressant), la sorte de trilogie des années 90 avec « Outside », « Earthling » et ce « Hours… » est de très belle tenue.