Quoi !!! La pochette du dernier White Stripes n’adopte plus leur sainte trinité colorée, réduit le rouge au seul logo du titre et opte pour une photo Noir&Blanc ! Que comprendre dans ce choix esthétique : que le duo serait devenu plus nostalgique encore ? Qu’est-ce que cela peut donner : du rock des années 20 ? Non, Meg et Jack restent fidèles à leurs chères années 70. Ils sont un peu les Quentin Tarantino du rock, dans cette gourmandise perpétuelle de revenir encore et encore avec un style identique mais sans cesse renouvelé. Les White Stripes ont cette même faculté de sortir des classiques d’une autre époque, aujourd’hui et en temps réel. Qu’est-ce que You don’t know what love is si ce n’est un classique des Stones. Ou Bone Broke un Led Zeppelin ressuscité ! Avec le temps, Jack White est en passe de devenir l’égal à la guitare de Jimmy Page (Icky Thump).
Comme Tarantino, le duo dépassent les codes du genre, s’amusent avec, fait des titres aussi improbables que ses habits – sans doute faits sur mesure par un tailleur mexicain devenu fou. Il rend aussi son hommage à un ancien oublié d’un rock bis mais culte (Conquest de Corky Robbins repris dans une espagnolade débridée). Avec eux, les punks s’invitent même dans une fête irlandaise, (Avec St Andrew, « L’homme tranquille » n’est plus si tranquille). Toujours aussi sauvage (Rag and Bone), rendant toujours aussi vibrant et vivant le blues de Nashville (Catch hell blues), sortant de son chapeau des titres aussi touchants que 300 MPH Torrential outpour blues ou A martyr for my love for you, les White Stripes sont ici à leur meilleur, égaux à eux mêmes comme une petite madeleine de Proust assaisonnée de bière et de tabasco.