On a tous connu ce camarade de classe qui n'en fichait pas une mais arrivait quand même à avoir des notes très correctes ; ce profil moitié talentueux, moitié paresseux qui avait le génie d'obtenir le maximum (relativement) en en faisant le minimum.
C'est ce surprenant souvenir qui m'est revenu à l'écoute de cet EP d'Alice in chains. On a un groupe dont on a l'impression qu'il est là sans être là, qu'il joue sans conviction et dont le talent est pourtant évident (Nutshell et Don't follow).
Tout est fait à l'économie : en version vinyle, j'ai ainsi deux beaux disques mais sur le second une seule face est jouable. Par moment un musicien (le bassiste souvent, le guitariste parfois) se met en avant avec un phrasé inspiré, on commence à tendre l'oreille ça devient très intéressant et puis...plus rien ; il fallait être attentif pendant les trois ou quatre secondes que ça a duré, il n'y a plus qu'à attendre la prochaine fulgurance ou redémarrer le morceau.
La voix lancinante de Layne Staley nous rappelle que le groupe n'est pas pressé, alors on prend son temps on écoute parfois d'une seule oreille, parfois plus attentivement et... C'est déjà fini l'EP est terminé (sauf à considérer l'étonnant ghost track lorgnant vers le punk qui est la "vraie" fin du disque).
En synthèse : Un EP à la fois très satisfaisant et très frustrant puisqu'inévitablement on se dit qu'avec leurs talents ces musiciens auraient pu proposer mieux.