Dans le rock, le violon est un instrument à part. Peut-être parce qu'on l'entend rarement comme instrument-soliste. C'est pourtant un allié de poids si vous voulez rendre entraînant (pour ne pas dire festif) votre folk-rock (Regardez Louise Attaque). Un instrument au son âpre et rugueux pouvant révéler des fêlures (Pensez à Dirty Three). Mansfield.Tya se place carrément dans ce même genre d'utilisation. Mais le duo de Nantaises (Julia Lanoë et Carla Pallone) ne se réduit pas à ce seul violon. Il y a aussi une guitare. Ou un piano (One Millions eyes, Tomorrow). Ou un accordéon (The day goes Pale).
Les morceaux ressemblent à des sonates à deux instruments . Avec une voix d'ange blessé. On pensera à Tiersen pour ce même dénuement et cette touche de baroque (Pour oublier je dors). Ou à La Tropa pour cette même envie d'électrifier (de "rockiser") cette chanson à base Classique (Et demain déjà). Mais plus encore, Mansfield.Tya touche la même corde sensible que Cat Power (The shout of rain) une filiation qui peut paraître lontaine mais qui montre le duo façonne (dans le sens artisanal du terme) une musique à fleur de peau. Et qui a du goût puisque nos deux Nantaises reprennent à leur manière Leonard Cohen le temps de For You.