Dans les années 80 et 90, des artistes ont remis le blues sur le devant de la scène et ce dernier est redevenu « à la mode » avec des passages sur MTV, des Grammy Awards remis aux artistes (y compris les grands anciens qu’on redécouvrait grâce à U2 ou Clapton, les BB King ou John Lee Hooker…) et à leurs albums. Côté électrique, on trouvait des artistes comme Stevie Ray Vaughan et Robert Cray. Dans un versant plus « traditionnel », on trouvait quelqu’un comme Keb Mo qui nous offrait cet album en 1996, ayant remporté au passage le Grammy du meilleur album de blues. Bien sûr, remporter un Grammy est gratifiant mais ne veut pas dire que l’album est impérissable. Mais là, il faut reconnaître que cet album est superbe, bien écrit, bien joué et extrêmement bien produit, John Porter connaît son affaire quand il s’agit de faire sonner le blues. Les morceaux vous entrent facilement en tête pour ne plus en ressortir, la voix de Keb est très belle. On sent son envie de s’inscrire dans la grande tradition du blues : la photo de pochette rappelle fichtrement une des seules photos connues de Robert Johnson et je pense que ça ne doit rien au hasard. Sur de très beaux morceaux comme Momma, where’s my dady, Lullaby baby blues ou Dangerous Mood, il reste dans une veine assez traditionnelle et simple mais sur d’autres, Keb s’aventure vers des territoires plus rock ou pop : la mélodie de More than one way home est fabuleuse et on ne peut s’empêcher de la fredonner ! Il sort donc du relatif minimalisme que pouvait avoir son 1er album de 1994, se faisant accompagner d’un groupe et du coup, son blues devient moins âpre, un peu plus riche et sur Just like you, c’est carrément Bonnie Raitt et Jackson Browne qui chantent avec lui ! Un album des années 1990 qui n’a pas vieilli et reste encore une référence du blues, à ne surtout pas rater, encore plus si vous n’êtes pas fan de blues : Keb Mo pourrait bien vous le faire aimer !!!