Avec Kill My Blues, Corin Tucker livre un album viscéral et sans concession. L’ancienne voix de Sleater-Kinney ne cherche ni la nostalgie ni la perfection : elle avance, portée par une rage maîtrisée et une envie d’authenticité brute.
Dès les premières secondes, l’énergie est palpable. Les guitares claquent, la batterie cogne, et la voix de Tucker, toujours aussi habitée, crie plus qu’elle ne chante. Certains morceaux, comme No Bad News Tonight ou Neskowin, marquent par leur force immédiate. Mais à trop vouloir aller droit au but, l’album sacrifie parfois la nuance. Quelques titres peinent à se distinguer, et l’ensemble manque par moments de respiration.
Malgré ces aspérités, Kill My Blues touche juste. C’est un disque qui vit, qui vibre, qui refuse le confort. Il ne révolutionne pas le genre, mais il incarne une artiste en mouvement, sincère dans ses failles comme dans ses éclats. Une œuvre imparfaite, mais honnête — et pour ça, elle mérite qu’on l’écoute.
Note personnelle : 7.5/10
À écouter si vous aimez : le rock frontal, les voix habitées, les albums qui ne cherchent pas à plaire à tout prix.