Labyrinthe
6.7
Labyrinthe

Album de Guesch Patti (1988)

Ça commence fort. Let Be Must The queen. Morceau clipesque. Énergique. (Très beau clip d’ailleurs). Avec la punchline de l’année : « Des clowns en rois du trottoir


Des pitres en rois du comptoir 


Vient visiter ma télé   Oh lé ! » Genius !


 La pop anglo-saxonne, n’avait pas été aussi bien digérée, transfigurée, et recrachée depuis Gainsbourg. Du rock femelle rageur, avec un timbre de voix qui arrache sa race. Voix cassée à la Gavroche. Mélodie rythmée avec délice. Rythme bourrin, contre boîte à rythme binaire. Arrangements presque trop riches pour du rock saucé pop. Un phénomène (très) rarement vu dans la pop française récente. On en redemande. Triangle :


Pas de doute, cet un album au son d’une époque. Du binaire, et tais-toi. La machine qui veille au grain derrière. Et la touche de magie, la voix rauque et sensuelle sur commande de Guesch, servie par des compos survitaminés. Mi rock, mi pop, mi titi parisien, le mélange parfait. Et voilà : Etienne. Etienne. Etienne. Oh, tiens le bien.


 Baiser salé, Sali. Tombé le long du lit. Culte.


Coup de génie. Avec cette petite touche de glamour, le triangle qui fait la trille, comme pour mieux effeuiller le morceau. Et ce riff de guitare électrique qui jouit dans le lointain. Awww… Et ce texte…mi pute, mi soumise. Tout est dit. Tout est là.


Si, je te mords. Et encore, et encore. Etienne !!


Morceau qui a propulsé Guesch sur le devant de la scène. Chanson (cul), de toute une génération, et qui résume à merveille la fin des glorieuses années 80. Liberté, égalité, sexualité. Tout se résout par la danse, et le goût de l’afterbeat.


Après avoir bien jouit, on se calme. On se prélasse. Moment de décompression. Backstage d’Une Star. Confession bluesy, court et sans fioritures. Une star que j’aime depuis plus de 25 ans…qui est cette star ? Mystère… Guesch se livre.


 Puis c’est : Bon Anniversaire. Chanson bourrée d’idées, et de sonorités. La pop triomphante qui n’a peur de rien. Et ce qui me plaît le plus, c’est cette absence totale de fausse pudeur. On y va, en avant toute! Á chaque chanson, Guesch se met à nue, quitte à se casser la voix dans le décor. Et le résultat est décoiffant.


Faits Divers. Pas mal du tout. Avec le chœur, (gospel de rue). Le crescendo qui monte, les kilowatts de guitares, les synthés qui montent, en l’air. C’est comme une prière malsaine. Le genre de morceau qui fait regretter la « disparition » prématurée de notre diva trash. Roule…Tu Dis.


Roule tu dis, c’est calibré radio, ça se sent. Riff simple, accrocheur, dans l’air du temps. Il fait bouger la tête tout comme il faut. Roule, tu dis !


Et on a une autre facette de l’artiste, qui s’avère versatile, encore plus qu’on ne le croyait. Culture. Slow aux sonorités baroque, et à l’orchestration savamment étudiée. Voyage poétique dans un temps oublié, le temps d’une ronde. Texte fleuri à peine audible, car on n’écoute que les flûtes, hautbois, les vents, les cordes, l’ornementation. Original.


Cul Cul Clan. On relâche les chiens ! Voilà le Cul qui se ramène. Et dans ce cas, le rock bien gras n’est jamais très loin. Vilaine ? Moqueuse ? Un peu tout ça. Manque Un Détail. Le mal nommé. Très funky, cette basse. Très soul ces cuivres ! Manque un détail. On a du mal à entendre la chanteuse tellement ça tape fort ! On n’imagine pas une danseuse étoile chanter autrement. Comme de la douleur. Comme une tessiture de verre cassé. Tout ce que j’aime. Toujours en urgence, à la limite. Bienvenue dans le côté obscur de miss Patti. Mais calmons-nous.


  Tout Seul. C’est beau, sensible, ce slow. Morceau de variété riche en circonvolutions. Années 80 encore. On fait autant attention aux instrumentaux qu’aux paroles. Morceau planant. Pas besoin d’une voix extraordinaire quand on a quelque chose à dire. Boucle de lumière, martelée par la percu, et les gros synthés vintage. Voyage, voyage. C’est Pas Assez. Pop mid tempo, avec un flow énergique, très en dedans, mais toujours abrasif, surtout quand elle crie : Na na na    Na. Rude et beau à la fois. Normal qu’elle soit difficile à classer. Elle est difficile à « vendre ». Droit dans ses bottes. On prend, ou on ne la prend pas. Et voilà : Un espoir. Un espoir est là. Grandiose.


Une ligne de clavier électrique. Mécanique. Et soudain, c’est l’Opera rock. Superbe. Et les guitares qui bandent…Album à redécouvrir d’urgence. Ça vaut tout ce que j’entends aujourd’hui, en mieux.

Angie_Eklespri
9
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le 12 août 2017

Critique lue 262 fois

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