Ce mini album de 30 mn a été enregistré le 14 mai 2025 à Manchester pour le lancement de sa tournée européenne avec le E Street Band. Il a fait parler de lui car Bruce y règle d’entrée ses comptes avec l’administration Trump. Une semaine tout juste plus tard, Springsteen a sorti, sur les plateformes de streaming, un enregistrement live de 4 titres captés lors de ce concert. 4 morceaux choisis avec soin dont le morceau titre, qui figure sur l’album de 2012 Wrecking Ball a été utilisé lors de plusieurs événements politiques. John Kerry en a fait un des hymnes de sa campagne électorale de 2004, et Barack Obama l’a diffusée après son dernier discours en tant que président des États-Unis en 2017. Bruce n’a jamais caché ses idées politiques et compagnon de longue date du parti démocrate, après être resté plus discret et prudent dans les seventies, il a affiché son soutien à des nombreux candidats depuis les années 80, Springsteen livre actuellement les concerts les plus politiques d’une carrière amorcée sous la présidence de Richard Nixon, en 1972. Toute la 1ère partie de ces concerts est clairement politique avec des morceaux très engagés de sa carrière. Les moments les plus festifs arrivent en 2e partie, on s’en est rendu compte lors des concerts de Lille.
Dans une déclaration cinglante en introduction du titre, il fait référence à l’actuel locataire de la Maison Blanche. « L’Amérique que j’aime, l’Amérique sur laquelle j’ai écrit, source d’espoir et de liberté depuis 250 ans, est aux mains d’un gouvernement corrompu, incompétent et perfide », lance-t-il notamment, demandant à ses spectateurs de « hausser la voix contre l’autoritarisme pour laisser la liberté triompher ». Il continue ensuite, avant « My City in ruins » avec des mots toujours forts et qu’il a dû longtemps penser : « En Amérique, les plus riches sont contents de laisser les enfants pauvres être malades et mourir. Cela se passe en ce moment dans mon pays ». On sent alors une vraie colère sincère dans ses propos. Le président Trump a immédiatement réagi, de façon ridicule, et s’en est pris à Springsteen, ainsi qu’à Taylor Swift et Beyoncé, qui ont soutenu Kamala Harris lors des élections. Ses amis Neil Young et Eddie Vedder ont dénoncé les propos de Trump. Puis Tom Morello qui il y a quelques jours a repris "The ghost of Tom Joad". Ces musiciens défendent un certain idéal, des valeurs qui dépassent la musique et qui font qu'on aime les suivre depuis des décennies. A la fin de cet EP, Bruce reprend un de ses modèles, Bob Dylan, avec un morceau qu’il n’avait pas repris depuis 37 ans, « Chimes of freedom ». Le symbole est évident mais nécessaire. Les artistes doivent défendre les libertés et en particulier la liberté d’expression, et pas seulement aux États-Unis. Allez, il reste maintenant à espérer un enregistrement intégral d'un des concerts de cette tournée, pourquoi pas en Blu-Ray?