Après avoir réécouté le premier album (sans nom) de Bénabar et m'être dit que ça avait mal vieilli (notamment via des takes assez mysogines) j'ai réécouté l'album suivant Les risques du métiers Ha oui, à partir de là, il va utiliser des expressions sérieuses et des phrases de journaliste pour nommer ses albums qui parlent de la vie quotidienne : (Reprise des Négociations, Bénéfice du doute, Inspiré de faits réels, etc..) Chacun son kif.
Et pour le coup, j'ai été plutôt étonné, en bien, par cet album. Alors, oui, il y a toujours des takes qui ont un peu vieilli et des trucs problématiques (arrêtez de fouiller le sac à main des meufs et d'en faire une chanson, toi et Renaud, c'est toxique) ou bien des chansons qui partent vers la gaudrioles (dit-lui oui) mais on sent le cynisme qui s'efface pour faire place à un peu plus de tendresse et d'empathie.
On nous parle du couple par l'envie de fonder une famille (Monospace) par l'absurdité de certaines convenance sociales (Vade Retro Téléphone) ou par les petits actes du quotidien plus touchant que les grandes déclarations (les mots d'amour.) Au final, ça m'a marqué au point qu'à chaque déménagement, quand je rajoute les noms de moi et ma compagne sur la boite au lettres, je repense à cette phrase : “j'ai envie de voir nos deux noms sur l'interphone, pas gravé sur l'écorce d'un chêne.”
Mais il y aussi ces moments où Bénabar parle de personne qui ne sont pas Bénabar, et c'est plutôt intéressant. Que ce soit une vieille dame qui voit le temps passer (la Coquette) un homme qui a du mal à se faire à l'idée qu'il va partir à la retraite (Monsieur René) ou d'une fille considérée comme facile (Je suis de Celle.) Celle-là je la revois vraiment à la hausse. A l'époque je la considérait comme un poil moralisatrice, mais on a un vrai réquisitoire contre les comportements masculins toxiques qui envisagent la sexualité sous un prisme égoïstes, les hommes mentant pour “se faire la main” sur elle et certaines phrases sont bien trouvées (“je nourrissais vos blagues de casernes, petits hommes des cavernes.”)
Bon, après il y a quelques chansons vraiment anecdotiques comme “paresseuse” , “le zoo de Vincennes" ou “La Station Mir.” J'ai de la tendresse pour la chanson l'itinéraire qui me rappelle ce 1er janvier à vadrouiller en Bretagne à 6 dans une petite auto avec des copains/copines à la recherche d'une fête où on ne connaissait pas grand monde. Et on a un petit bonus en concert, à la fin, où il se moque de la façon de faire des slows. J'adore les chansons où le chanteur décortique lui même les instruments, du coup, ça me fait plaisir.
Par contre, musicalement, on perd beaucoup le côté “cuivre et big band” pour avoir une sonorité bien plus proche de la variété française (l'album gagnera même la Victoire de la Musique du meilleur album de variété.) En fait, cet aspect revient surtout sur les chansons que je trouve vraiment pas ouf ce qui me peine un peu.